La ballade de Buster Scruggs

Le hasard aura voulu qu’a sa date anniversaire je regarde enfin ce film des frères Coen (Inside Llewyn Davis, Ave César ! , etc) sorti uniquement sur Netflix et qui manquait à ma liste. Les frangins ont-ils réussi à faire aussi fort que sur grand écran ? C’est ce que nous allons voir.

Date de sortie 16 novembre 2018 sur Netflix

Durée : 2h 13min
Réalisation : Joel Coen, Ethan Coen
Casting : Tim Blake Nelson, James Franco, Liam Neeson
Genre : Western, comédie
Nationalité : Américain

Synopsis :

A travers six visions de l’ouest Américain, la ballade de Buster Scruggs donne un regard nouveau aux légendes du Far West.

Critique :

En préambule, je dois vous avouer que je n’aime pas du tout les films à sketchs et les courts métrages. Pour moi, en dessous d’une heure, tu ne peux pas vraiment développer grand chose et tu ne fais que livrer une histoire superficielle qui tient artificiellement grâce à un coup de théâtre ou des images chocs. Ce sont plus des démonstrations (les courts métrages servant souvent aux réalisateurs à obtenir les fonds pour un long métrage) que de vrais œuvres en soi (je vais surement faire hurler en disant cela mais c’est mon point de vue).
Fatalement, je ne sais pas si j’aurais regardé ce film si j’en avais su la nature exacte, le fait est que j’ai lancé le visionnage sans le savoir, la douche a donc été froide, voir glaciale.
Une chose est sûre, le film aurait eu sa place sur grand écran, les images sont sublimes, le souffle du grand ouest emporte chaque plan. Niveau casting, ils ont su une fois de plus remarquablement s’entourer. On pourra ainsi découvrir des acteurs comme Tim Blake Nelson (actuellement à l’affiche de l’excellente série Watchmen que je recommande mille fois) incroyable dans le rôle de Buster Scruggs mais aussi retrouver des visages plus familier comme Liam Neeson un peu sous exploité ou Tom Waits extrêmement touchant. L’une des grandes forces du film réside, à n’en pas douter dans les dialogues. Ils sont d’une précision rare et même les silences sont percutants. Clairement c’est un film d’acteur.
A contrario, et c’est ce que j’évoquais en préambule, le film tourne rapidement à vide. On commence avec l’histoire qui vaut son titre à l’ensemble, la ballade de Buster Scrugg, une histoire pleine de peps qui insuffle une belle énergie à l’oeuvre et donne vraiment envie d’en voir plus. Une émotion immédiatement refroidie par la seconde histoire, tout aussi intéressante mais plus lente et moins passionnante. Pour la troisième c’est le drame, il n’y a plus rien de drôle, c’est beau mais sombre et long et nous ne sommes qu’a la moitié du film, le niveau remonte légèrement avec une histoire toute aussi longue mais plus joyeuse pour se poursuivre par une bleuette assez sympathique et se terminer par un huis-clos pesant et bavard (doublé d’un twist peu inspiré). Chacune de ses histoires pouvait être l’introduction d’un grand film mais en l’état, c’était une succession un peu indigeste d’idées plus ou moins inspirées. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai passé un mauvais moment, le cynisme des frangins fait toujours mouche, mais j’étais tout de même content que ça s’arrête et je ne vais pas garder grand chose de ce film.
C’est dommage car on sait que les Coen savent faire du western, le remake de TrueGritt, s’il n’était pas inoubliable proposait tout de même de grands moments, et j’aurais adoré les voir développer une de leurs histoire sur un long métrage.
Maintenant que vous êtes prévenu, ça reste un programme intéressant du catalogue Netflix vous pouvez tout à fait vous le regarder segmenté, un épisode de temps en temps ce qui le rendra surement plus digeste.

Conclusion :

Bien sûr, on retrouve toute la maestria des frères Coen, la qualité des images, des acteurs et du cynisme mais tout cela sonne un peu creux et on s’ennuie vite ferme.

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