Penny Dreadful : City Of Angels

En 2016 se terminait Penny Dreadful, inspirée de la littérature gothique anglaise, la série nous revient aujourd’hui avec un spin-off beaucoup plus pulp, un paris risqué mais peut-être payant ?

Diffusion sur Showtime en juin 2020

Saison1 : 10 x 60min
Genre : Drame, Epouvante
Réalisateur : John Logan
Casting : Natalie Dormer, Daniel Zovatto, Kerry Bishe
Nationalité : U.S.A.

Synopsis:

Los Angeles, 1938, les tensions raciales envers les émigrés mexicains approche du point de rupture et l’influence de l’Allemagne Nazi commence à se faire sentir. Tiago, premier mexicain policier de Los Angeles essaye de concilier ses origines et son métier pour veiller sur la ville mais un mal ancien conspire pour faire s’enflammer les braises de la discorde.

Critique :

Soyons francs, je n’étais pas un grand fan de Penny Dreadful. L’ambiance était sympa et les visuels réussis mais la série n’avait vraiment aucune originalité. Ce n’était pas une mauvaise série, je l’ai d’ailleurs regardé en intégralité mais elle manquait pour moi de ce petit plus qui fait les grandes séries et je n’étais pas étonné ni déçu qu’elle se termine pour sa troisième saison.

Je n’avais donc aucune attente particulière pour cette nouvelle série et c’est bel et bien la bande annonce qui m’a motivé à la regarder.
En effet, si le côté film noir n’est pas très original, le fait d’y ajouter du fantastique et de se concentrer sur les communautés offrait un regard neuf à ce genre qui me parlait bien plus que le concept d’origine.
Au niveau des images et de l’ambiance on retrouve tout le talent du créateur, on se plonge avec délice sous le soleil brûlant du Los Angeles des années 40 et on découvre avec intérêt les différentes factions qui s’y opposent. Car si l’on s’intéressera essentiellement à la communauté mexicaine, l’on s’attardera tout de même sur les communautés Allemandes et Juives. Il est ainsi intéressant de voir comment les tensions de la seconde guerre se sont exporté aux états-unis avec les conséquences que l’on suppose. Personnellement j’ai adoré découvrir la communauté mexicaine et surtout l’aspect musical qui aurait

probablement pu prendre plus d’importance. J’ai également adoré tout le passage sur la communauté juive, la série se concentre sur des personnages d’âges mûr et cela donne un style très particulier à cet aspect de l’histoire. Là encore, j’aurais adoré qu’on s’attarde plus sur ce segment, voir qu’on en fasse tout une série tellement les personnages sont cool. J’ai par contre beaucoup moins aimé la partie allemande qui se concentre sur un personnage incarné par Rory Kinnear qui jouait déjà la créature dans Penny Dreadful. J’avais détesté ce personnage et le nouveau est très proche. Là encore la série joue sur l’ambiguïté de sa personnalité, est-il gentil, est-il méchant, est-ce que c’est le monde qui est trop injuste. Bref c’est un personnage pseudo torturé qui m’a fatigué d’autant qu’il est très lié au Natalie Dormer showwwww.

Nathalie Dormer (Game of Thrones, the riot club, etc) c’est l’actrice phare du projet et il faut admettre qu’elle a été gâté puisqu’elle n’incarne pas un, pas deux, mais bien quatre rôles dans la série. Le principal rôle est celui de Magda, un démon qui ne cherche que le chaos. Les autres rôles découlent de celui-ci puisqu’elle change d’apparence pour servir ses intérêts, elle incarnera ainsi une allemande, une mexicaine et une juive chacune poussant à accentuer les tensions entre communauté. Et si Nathalie Dormer s’avère aussi talentueuse que d’habitude et que c’est un plaisir de la voir donner vie à ces personnages très différents, le personnage de Magda est plus difficile à accepter tant ses motivations sont vague (haha, je suis méchanteeeee) et son principal antagoniste (sa sœur, la santa muerte) inexistant. On se retrouve donc avec une menace toute puissante aux objectifs d’autant plus inepte que tout aurait probablement pu se passer sans elle et cet élément démesuré à tendance à dévaloriser le reste des actions.

Du coup, je suis un peu sceptique face à cette nouvelle série. Autant j’ai adoré l’ambiance et les risques pris, autant je ne vois pas où ils veulent en venir avec toute la partie fantastique et elle a plus tendance à me fatiguer qu’a valoriser l’histoire. Je recommande tout de même, surtout si vous êtes sensible à l’ambiance film noir mais aussi si vous appréciez le cinéma hollywoodien oldschool. Il y a un petit côté west-side story vraiment plaisant qui se dégage des passages dansé avec les pachucos. Je note aussi une monté en tension plutôt réussi jusqu’a une explosion de violence finale très réussie et habilement mise en scène. Bref, une bonne surprise même si je reste un brin sceptique sur le scénario d’autant qu’il a déjà été annoncé qu’il n’y aurait pas de saison 2 nous ne saurons donc jamais où les scénaristes voulaient vraiment aller.

Conclusion :

Sans lien réel avec la série d’origine ce City Of Angels tire largement son épingle du jeu avec un imaginaire captivant (le film noir) agrémenté de thématiques communautaires. Dommage qu’il n’y aura jamais de suite.

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