Dans les hautes herbes

Je commençais à être en manque de film d’horreur, j’ai donc creusé le catalogue Netflix pour trouver de quoi me sustenter et mon choix s’est arrêté sur Dans les hautes herbes et sa prestigieuse équipe créative.

Diffusion sur Netflix :4 octobre 2019
Durée : 1h 30min
De Vincenzo Natali
Casting : Laysla De Oliveira, Avery Whitted, Patrick Wilson
Genre :Epouvante-horreur
Nationalité : Américain

Synopsis:

J’suis un ouf moi, j’vous prend tous d’une seule main

En route pour San-Diego une femme et son frère s’arrête au bord d’un champ pour faire une pause. Ils surprennent des cris de terreur d’un enfant et décident de se porter à son secours. Ils n’imaginent pas en entrant dans ce champ qu’ils ne pourront peut-être jamais en ressortir

Critique :

Imaginez que c’est Jack Nicholson au lieu de Patrick Wilson


Dans les hautes herbes est l’adaptation d’une nouvelle de Stephen King et Joe Hill. Normalement, je n’ai pas besoin de présenter Stephen King (Doctor Sleep, ça, etc), mais Joe Hill ne démérite pas non plus, c’est le fils de King et l’auteur d’œuvres aussi percutantes que Locke and Key ou NOS4A2 dont je n’ai pas eu l’occasion de vous parler.
On part donc plutôt sur de bonnes bases d’autant que le réalisateur Vincenzo Natali est connu pour avoir débuté avec Cube un film qui a durablement marqué l’histoire des films d’horreur dans les années 90. Nous ne sommes donc pas loin de la dream team de l’horreur et le concept du film a tout pour être séduisant car, non content de nous proposer un mind fuck temporel, il prend le risque de faire se dérouler son action en plein jour et en plein air. Dit comme ça, ça n’a l’air de rien, mais la base de l’horreur reste souvent l’espace confiné et l’obscurité car il est plus facile de faire peur dans ces conditions et surtout ça permet de réveiller les peurs primales du spectateur.

Est-ce que j’ai bien fermé la porte à clef ?

Ceci étant dit, préparez vous à une sacré douche froide car on est loin du film d’exception. Premièrement parce que l’aspect temporel est une fumisterie sans nom. Il n’a aucune logique et aucune justification autre que ça arrange le scénariste et c’est cool. Enfin, le challenge de faire peur en plein jour doit tenir trente minute dans la partie qui ne fait pas vraiment peur jusqu’à ce que la nuit arrive avec ses gros sabots.
Pour sauver un film aussi indigent il aurait fallut un gros casting mais l’acteur le plus intéressant reste sans nul doute le champ. Le réalisateur réussit à lui donner vie et en faire un personnage a part entière, une entité inquiétante et omniprésente. Ce tour de fort mis à part le casting est d’une pauvreté assez rare, il faut dire qu’ils ne sont pas aidé par des personnages aussi intéressant que des bottes de pailles.

Bonjour, je suis le gamin flippant, l’artifice le plus éculé du film d’horreur

L’histoire n’aide clairement pas et on comprend bien vite que c’est adapté d’une nouvelle. Les auteurs ont planté les graines d’un univers plus vastes (comme toujours Stephen King fait référence à ce qu’on pourrait appeler le King universe, ici on pensera aux enfants du mais mais aussi à ça avec les indiens et la météorite)  mais il n’y a clairement pas assez de matière ici pour un long métrage. Une fois la situation mise en place, il ne reste qu’un affrontement longuet entre un père de famille pas très inquiétant et des teenager à la ramasse. Soyons clair si Patrick Wilson n’est pas un mauvais acteur, il n’a pas la carrure de Jack Nicholson et c’est ce qu’il aurait fallut au minimum pour qu’on s’intéresse à cette course poursuite aussi passionnante qu’une scène d’action dans Camping Paradis.
Et arrêtez de nous saouler avec les mômes dans les films d’horreur ! On le voit que c’est un artifice gratuit, autant foutre des jump scare toutes les 5 minutes.
Reste un film gentillet avec un pitch vraiment top, sous exploité et dopé de quelques images marquante.
Ce n’est pas désagréable à regarder, avec une telle dream team jaillissent forcément quelques fulgurances très inspirante (la scène sur le choix lors de la mort d’un des personnages par exemple) mais en tant que film ça n’a pas grand intérêt et génère plus de frustration que de peur.
A voir pour piocher des idées et sans avoir trop d’attente tout en regrettant le grand film que l’on aurait pu avoir avec quelques ajustement de scénario et de casting.

Conclusion :

Avec de gros noms à la conception et un pitch plutôt malin, on pouvait s’attendre à une petite pépite du film d’horreur, mais le tout tourne vite à vide rappelant que le scénario est adapté d’une nouvelle et que sans matière supplémentaire ça ne fait pas un film.

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