Her

Quatre ans après le fabuleux « Max et les maxi monstres » le génial Spike Jonze nous revient avec un film une fois de plus surprenant: une simple histoire d’amour. A la sauce Jonze, ça ne ressemble forcément à rien d’autre mais le réalisateur est-il toujours aussi talentueux ? C’est ce que nous allons voir.


Date de sortie: 19 mars 2014

Durée: 2h6min
Réalisation: Spike Jonze
Casting: Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams
Genre: Drame, Romance, Science fiction
Nationalité: Américain

Synopsis:
Dans un futur proche, Theodore Twombly, un homme sensible et solitaire est inconsolable d’une rupture difficile. Pour se changer les idées, il décide d’utiliser un OS révolutionnaire et évolutif. Nommé Samantha, ce programme va bouleverser sa vie.

Critique:

Réalisateur de clips cultes, à l’image d’un Michel Gondry, Spike Jonze avait rejoint la grande famille du cinéma grâce à un film incomparable, le complètement déjanté « Dans la peau de John Malkovitch« . Depuis, le réalisateur s’était un peu assagis jusqu’à adapter un livre pour enfant le magnifique « Max et les maxi monstres ». Je taris rarement d’éloges sur ce film qui m’a touché au-delà des mots et dépasse largement le cadre du film pour enfant.
Le pitch de « Her » était beaucoup moins fort que celui de ses précédents films, mais c’est justement le fait que Spike Jonze s’empare d’un tel sujet qui donnait envie.
Visuellement, c’est un gros challenge que remporte ici le réalisateur. Ne cédant pas à la facilité de donner corps à l’OS par un quelconque trucage, celui-ci n’est composé que d’une voix. L’histoire du film est donc celle d’un homme seul parlant avec « une femme invisible ». Difficile de trouver moins cinématographique que ça. Et pourtant, par son sens du détail, de l’ambiance et de la composition, Jonze réussit à rendre l’ensemble passionnant. Certes, la longueur du film couplé à ces images un peu vide (juste un homme seul) donneront une impression de longueur, mais dans l’ensemble l’histoire est suffisamment passionnante pour qu’on ne s’ennuie jamais.
Pivot du film, Joaquin Phoenix est éblouissant de simplicité. Jouant tout en retenue derrière sa moustache et son style année 70, il incarne à merveille cet homme ultra sensible et un peu perdu. Son capital sympathie est tel qu’on aimerait lui faire un calin pour le consoler. Si l’on n’entend que sa voix, Scarlett Johansson (« Hitchcock« , « Don Jon » etc) fait également des étincelles. Sa voix chaude apporte la douceur qui rend cette relation possible, c’est un vrai bonheur que de l’écouter. À noter aussi la prestation d’Amy Adams (« Man of steel« , « American Bluff » etc), si la jeune femme n’est pas du tout mise en valeur par son personnage, elle n’en est pas moins très touchante dans son rôle de femme brisée.

Peu de choses à dire sur l’histoire qui se contente de dépoussiérer un genre assez classique. Toutefois, Jonze a l’intelligence de ne jamais céder à la facilité et de pousser son concept dans ses retranchements. L’histoire est également ponctuée de nombreuses excellentes idées, comme le travail du personnage principal ou le jeu vidéo qu’il affectionne. L’univers créé par Jonze, s’il est très simple est vraiment cohérent et réaliste, on s’imagine sans mal le futur tel qu’il y est décrit. À travers son film, le réalisateur pose également de nombreuses questions concernant notre rapport à l’autre et à la technologie.
Pour finir, j’aimerais dire un petit mot sur la bande-son orchestrée par le très bon groupe pop « Arcade fire » avec un petit caméo de « Karen O » a qui l’on devait déjà l’excellente BO de  « Max et les maxi monstres ». Elle n’est pas particulièrement marquante mais elle imprime à l’ensemble du film une ambiance nostalgique qui lui colle a merveille.
Certes, le film n’est pas parfait, il est un peu trop long, et certains points du scénario peuvent gêner, mais globalement, c’est tellement bien joué, mis en image et en musique que je ne peux que recommander ce beau moment de cinéma. Jonze nous livre une fois de plus un film à fleur de peau.

Conclusion:
Si l’on pourra sentir quelques longueurs dans cette relecture d’une romance somme toute classique, le film est brillamment joué et écrit. La bande son, signé Arcade Fire, est aussi superbe que ses images, bref c’est un beau moment de cinéma.

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