A cure for Life

ça fais quelques mois maintenant que j’ai découvert la bande annonce de Cure for life au cinéma et j’étais vraiment curieux de voir le résultat. L’ambiance était prometteuse mais pouvait vite tourner au grand n’importe quoi, surtout dans les mains de Gore Verbinski. Voyons ensemble ce qu’il en est vraiment.

Date de sortie 15 février 2017

Durée: 2h 27min
Réalisation : Gore Verbinski
Casting : Dane DeHaan, Jason Isaacs, Mia Goth
Genres : Thriller, Fantastique
Nationalités : Américain, Allemand
Titre original  : A Cure For Wellness

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis:

Lockhart, est un jeune loup de la finance à qui tout réussi. Pour poursuivre son ascension et éviter de finir en prison, il doit ramener à New-York l’actionnaire majoritaire de son entreprise parti faire une cure thermale. Une mission simple d’apparence qui se révélera quasiment insurmontable lorsque le trader se retrouvera piégé dans l’institut après un accident, obligé de suivre une bien étrange thérapie.

Apparté:

Encore un titre anglais traduit en anglais, dieu que cette pratique marketing m’insupporte. Le publique
ira voir le film même si le titre est en français, et ça évitera de donner l’impression que notre langue est pestiféré. Sans parler du fait de sous entendre que le publique est suffisamment débile pour ne pas comprendre le mot « wellness ». A force de prendre les spectateurs pour des ânes ne nous étonnons pas qu’ils se comportent comme tel, bref.

Critique:

A cure for Life est le nouveau film de Gore Verbinski (Le cercle, Lone Ranger, etc) , devenu célèbre grâce à la saga « Pirates des caraïbes », si j’ai beaucoup apprécié son film « Rango » j’avoue ne pas être un fan de ce réalisateur que je considère comme un réalisateur de divertissement. Je ne dis pas que c’est un mauvais réalisateur, juste qu’il est un peu trop grand public et que ses films manquent un peu d’âme alors qu’on sent que c’est quelqu’un qui a au contraire beaucoup à partager. Typiquement, A cure for life est un film à l’univers visuel très riche qui évoquera parfois du Caro et Jeunet ou du Terry Gilliam. Les images sont superbes et on sent que le réalisateur a apporté un grand soin à son image, notamment avec un étalonnage verdâtre très particulier qui donne un aspect maladif à l’ensemble du film. Plus que de faire de jolies images ont sent chez le réalisateur une vraie volonté d’utiliser le film de genre pour critiquer les travers de notre société. A ce titre, le film apparaît comme un mix improbable entre « le loup de wall street » et « Shutter island », ça en devient même un peu gênant car Dane DeHaan (The amazing spiderman, Chronicles, etc) qui joue le rôle principale ressemble beaucoup à Léonardo Di Caprio donnant l’impression que le réalisateur a du se rabattre sur un second choix. Mais je vous rassure tout de suite, s’il n’est pas très connu, cet acteur se révèle excellent dans ce rôle et porte tout le film sur ses épaules.
A ses côtés, Mia Goth fait également montre de beaucoup de talent dans son rôle de poupée brisée,

mais le personnage subit beaucoup plus le film qu’il n’y agit (bien que) rendant sa présence plus anecdotique. On sort de justesse du rôle stéréotypé de « princesse à sauver ». Jason Isaacs, surement l’acteur le plus connu du casting, ne s’illustre pas vraiment dans un rôle tout sourire un peu niais. La facilité aurait surement était de lui donner un air plus menaçant mais un entre deux aurait été plus savoureux et aurait donné plus de latitude à l’acteur pour s’illustrer.
Parlons de l’histoire, elle est plutôt réussie avec une implication sociale inattendue puisque le film est en partie une critique de la finance et de notre société capitaliste, on regrettera tout de même qu’elle se prenne pour ce qu’elle n’est pas. En effet, le film multiplie les fausses pistes visant à donner l’impression que le scénario est plus complexe qu’il ne l’est vraiment, alors que le spectateur attentif aura compris l’histoire dès l’arrivé du personnage principal à la cure. En ce sens la comparaison avec Shutter Island est totalement injustifiée. Le film donne l’impression d’être un thriller psychologique avec retournement de situation rocambolesque, alors que l’histoire est beaucoup plus classique( bon je vous spoil un peu mais honnétement, je trouve que ça évite la déception de découvrir que l’histoire est convenue et à mille lieux de ce qu’elle promet dans certains de ses délries visuels)

Ces effets de style pourraient se justifier de manière artistique pour renforcer l’ambiance mais ils ont le tort de rallonger très artificiellement le film ce qui le rend trop long et donc moins agréable à regarder. Avec un film plus court et plus franc, Verbinski aurait surement mieux touché son public.
Au final, A cure for life est un beau film fantastique aux accents lovecraftiens, une oeuvre personnelle qui aurait mérité d’aller plus loin dans le délire ou dans le travail d’écriture. Un entre deux regrettable car on passe à côté de ce qui aurait pu être un film majeur de sa filmographie.

Conclusion :

Un thriller fantastique à l’ambiance intrigante mais qui se perd à essayer de se rendre plus subtil qu’il ne l’est vraiment.

Très belle affiche minimaliste

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