Que Dios nos perdone

Vous reprendrez bien un peu de thriller espagnol ? La bande annonce de celui-ci ne m’avait vraiment pas plus mais un créneau m’a permis d’aller le voir pour me faire une idée plus précise. C’était une bonne occasion de partager ça avec vous.

Date de sortie 9 août 2017
Durée : 2h 06min
Réalisation : Rodrigo Sorogoyen
Casting : Antonio de la Torre, Roberto Álamo, Javier Pereira
Genres : Policier, Thriller
Nationalité : Espagnol

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement


Synopsis:

Madrid, 2011, le violent Alfaro et l’associal Velarde enquête sur une série de meurtre particulièrement sordide. Dans un climat social très tendu et avec la visite du pape qui approche, leur direction essaye d’étouffer l’affaire mais les deux policiers ne sont pas prêt à abandonner et risque de devoir se remettre profondément en question.

Critique:


Le cinéma Espagnol fait partie des cinémas très riches, vous connaissez probablement tous sa branche fantastique avec des films comme l’Orphelinat, le labyrinthe de Pan ou Quelques minutes après minuit mais je vous parle aussi régulièrement de son côté très thriller dans des films comme L’homme aux milles visages . C’est cette fois encore d’un thriller dont je vais vous parler et probablement même d’un thriller avec un tueur en série, mais seulement si vous êtes gentil.
Que Dios nos perdone est le deuxième film de Rodrigo Sorogoyen, un réalisateur que je ne connaissait pas et que je découvre donc ici (y a une forme de logique).
Indéniablement, l’homme a du talent, sa réalisation est nerveuse et efficace il arrive aussi bien à nous faire ressentir la tension et la chaleur de l’époque que le côté plus apaisé et sordide des scènes de crimes. Les ambiances sont fortes et quelques scènes plutôt marquantes comme celle de l’ampoule. L’enquête est assez atypique puisqu’on se concentre presque plus sur les rapports conflictuels entre les policiers que sur l’enquête elle même. On se retrouve donc avec un drame sombre et très humain porté par deux acteurs talentueux.
Véritable pivot du film, Antonio de la Torre (La isla minima, les amants passagers, etc) est brillant dans ce rôle de policier névrosé et asocial, il est presque méconnaissable tant ses mimiques et ses attitudes le changent. Face à lui, dans un rôle beaucoup plus charnel et bonhomme Roberto Alamo (La piel que habito, etc) fait un excellent contrepoids comme policier à fleur de peau. Le duo fonctionne bien et on se passionne presque plus par le fait de découvrir leurs petits secrets et ce qui va leur arriver que par l’envie de découvrir l’assassin. Pourtant celui-ci n’est pas en reste, l’acteur qui l’incarne est parfait pouvant sans mal passer du sourire du gendre idéal à celui du psychopathe glaçant en quelques secondes, un jeu renforcé par l’aspect vraiment glauque de l’affaire (et comme vous avez été gentil, c’est un tueur en série…enfin biclassé parce qu’il viole aussi ses victimes…des vieilles dames…fun, fun, fun).
Au niveau de l’histoire, il y a beaucoup de choses, et peut-être trop. Comme je le disais précdemment, le réalisateur s’attache à développer à la fois les deux policiers et le tueur, il pose aussi un contexte précis (Madrid, 2011, avant la visite du pape pendant des manifestations) et il suit l’enquête de police. Le tout en 2h et c’est au final assez peu. Car si on arrive effectivement à développer les personnages, le contexte m’a paru beaucoup plus accessoires, sans réel impact (même s’il en a dans l’histoire mais on ne sent pas assez que c’est lié) et donc, finalement, accessoire voir parasite.
Dans l’ensemble, ce thriller est une bonne surprise, il réussit à étonner dans un genre où tout a déjà été fait. Pour autant, il manque quelque chose au film pour que ce soit une franche réussite. J’aurais du mal à définir quoi, est-ce la profusion d’information qui noie un peu l’histoire, le rythme, le flou qui entoure tous les protagonistes ou autre chose mais je n’ai jamais été totalement emporté par l’histoire. Et même la fin, pourtant forte, ne m’a pas satisfait. Je recommande tout de même le film aux amateurs de thriller mais pour les autres je pense que ça sera anecdotique.

Conclusion:

Bien joué, bien filmé et avec une ambiance prenante, Que Dios nos perdone se perd un peu dans sa narration n’exploitant finalement que peu son contexte. Un bon polar mais pas inoubliable.

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