Mother!

En grand fan d’Aronofsky, j’attendais fatalement son nouveau film avec impatience. J’ai volontairement refusé de savoir quoi que ce soit avant de voir le film pour totalement savourer la découverte et je vais maintenant vous donner mes impressions.

Date de sortie 13 septembre 2017

Durée : 2h 02min
Réalisateur : Darren Aronofsky
Casting : Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris, Michelle Pfeiffer
Genre : Thriller, Conte, Fantastique
Nationalité : Américain

Synopsis:

Un écrivain et sa femme isolé loin de tout voient leurs vies bousculés par l’intrusion d’étrangers de plus en plus présent qui bouscule la quiétude de leur foyer.

Note: le hasard aura voulu que je sois forcé de voir la bande annonce au cinéma et pour une fois la surprise fut agréable. En effet, la bande annonce en salle est uniquement sonore, elle ne dévoile rien si ce n’est l’ambiance anxiogène du film. A mon sens c’est donc une grande réussite, et c’est pourtant rare une bande annonce réussie.

Critique:

Mother! est donc le nouveau film de Darren Aronofsky un réalisateur atypique et génial à la filmographie quasi parfaite si l’on excepte Noé. Je l’ai personnellement découvert avec The foutain en 2006, un film dont je ne suis toujours pas complètement remis (et non, honte à moi, je n’ai encore jamais vu Requiem for a Dream ) d’autant qu’on suivit The wrestler et Dark Swan. Vous comprenez donc mon impatience de découvrir ce nouveau film, d’autant qu’il était en partie vendu comme un film d’horreur (spoiler, ce n’est pas le cas du tout, oubliez ça tout de suite) et que vous n’ignorez plus rien de ma coupable passion pour le genre.
A première vue, l’histoire de Mother! est plutôt simple : un couple isolé qui doit faire face à des indésirables. Rien de bien original jusque là, d’autant qu’on se retrouve dans un huis-clos plutôt modeste dans ses ambitions qui m’a rappellé Rosemary’s baby par certains aspect (l’angoisse de la maternité, l’ambiguïté du père, etc). Et pourtant, loin d’être son film le plus modeste, Mother! reste une oeuvre impressionnante à la montée dramaturgique parfaitement maîtrisée.  Son climax, même s’il pourra perdre certains spectateur et n’apportera pas forcément les réponses désirées (et pourtant tout y est) n’en reste pas moins une charge émotionnelle particulièrement forte qui vous clouera au fauteuil.

Niveau réalisation, c’est du très haut niveau. Aronofsky fait le choix d’être au plus près de son personage, la caméra la suit donc de façon quasi permanente dans le moindre de ses déplacements. Véritablement collé à elle, elle nous fait partager toutes ses turpitudes dans un procédé qui aurait vite pu fatiguer le spectateur (en mode camera subjective shaky cam, you know what i mean) et appauvrir l’image si le réalisateur ne l’avait pas maîtrisé avec autant de brio. Il se permet ainsi des plans vertigineux et des travelings aériens de toute beauté. Bien que ce ne soit pas le cas, le rythme est tellement soutenu qu’on se croirait même dans un long plan séquence à la Birdman 
Pour supporter une telle réalisation, il fallait vraiment une actrice de premier plan et Jennifer Lawrence (Hunger Games, American bluff, X-men days of future past, etc) prouve une fois de plus qu’elle est loin d’être une petite actrice de teen moovie et que bien au contraire, elle fera partie des grandes. Le spectateur est en totale empathie avec cette femme modeste dont le quotidien est totalement envahi jusqu’à la submerger totalement. A ses côté, le casting fait presque pale figure, et pourtant, entre Javier Bardem (Skyfall, Cartel, etc) dans le rôle de son mari ou  Ed Harris ( Snowpiercer, Gravity, etc) et Michelle Pfeiffer (Dark Shadows, Les sorcières d’Eastwick, etc) dans ceux des premiers indésirables, on peut dire que le réalisateur a su s’entourer. Une belle brochette d’acteur qui emporte l’histoire dans un rythme de plus en plus effréné.
Vous l’aurez compris, je suis entièrement tombé sous le charme de ce nouveau film d’Aronofsky. S’il fonctionne essentiellement sur un registre symbolique et qu’au final l’idée développée est assez simple, l’ensemble n’en reste pas moins universel, intense et vraiment impressionnant. Mon seul reproche concernera le rythme, comme nous sommes assez vite perdu dans l’histoire (les éléments de compréhension arrivant sur la fin du film), le film parait un peu long avec peut-être un peu trop de péripéties (l’histoire est plus ambitieuse qu’il n’y parait).
Ce détail mis à part, Mother! est encore un tour de force du réalisateur qui retrouve certains de ses thèmes de prédilection et réussi à rendre épique une histoire terriblement ordinaire. Par son côté jusqu’au boutiste et métaphorique, le film ne plaira évidement pas à tout le monde, c’est loin d’être du divertissement facilement consommable mais au contraire, il ravira les amateurs de grand cinéma.

le film passe très près des 5 zapettes, mais le souci de rythme m’incite quand même à rester à 4

Conclusion:

Un film rare comme seul quelques réalisateurs osent en proposer. ça ne plaira pas à tout le monde mais ça vous donnera à réfléchir et vous fera vivre une expérience forte.

Quelques très jolies affiches alternatives

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