Affiche de La zone d’intérêt

La zone d’intérêt

Je viens enfin de voir « La zone d’intérêt » (1h45), Grand Prix du festival de Cannes 2023 et Oscar du meilleur film 2024, un film que beaucoup qualifie de film de l’année. J’étais donc un peu obligé d’y aller. L’histoire suit la famille du commandant du camp d’Auschwitz et nous montre leur quotidien pendant la guerre. C’est difficile de dire que ce film est époustouflant ou qu’il va vous en mettre plein les yeux, l’histoire est excessivement sobre et les images rarement impressionnantes. Mais c’est le parti pris glaçant qui fera la force de cette œuvre et la rend inoubliable. Vous ne verrez rien ici des horreurs de la guerre, la monstruosité est implicite elle fait son chemin dans votre cerveau par contraste entre la joyeuse normalité de l’action et l’horreur du hors champ. Le camp est omniprésent et partie prenante d’une terrible normalité. La simplicité de l’histoire pourra donc refroidir bien des spectateurs, en l’état il ne se passe presque rien dans « la zone d’intérêt » pour autant ça n’en reste pas moins une œuvre incroyable questionnant intelligemment sur l’horreur et sur la mise en image de la guerre. C’est a priori Godard qi disait « Il est impossible de faire un film anti-militariste, la plupart du temps, pendant les 90 minutes de projection, le spectateur finit par aimer la guerre. » Je trouve que Jonathan Glazer fait ici une contre proposition particulièrement diabolique.

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