Les brasiers de la Colère

Découvert par hasard au cinéma, dans les bandes annonces d’avant séance, « Les brasiers de la colère » a su me séduire par la qualité de son casting, voyons maintenant si le film a d’autres qualités.




Date de sortie: 15 janvier 2014

Titre original: Out of the furnace
Durée: 1h56min
Réalisation: Scott Cooper
Casting: Christian Bale, Woody Harrelson, Casey Affleck
Genre: Drame, Thriller
Nationalité: Américain

Synopsis:

Petite ville de la « rust bell », Braddock est sans pitié avec ses habitants. Russel Baze s’en sort pourtant en travaillant à l’usine comme son père avant lui. Son jeune frère, de son côté, préfère s’engager dans l’armée. Après plusieurs séjours en Irak, il reviendra brisé, incapable de se réadapter et survivant uniquement par le jeu et le combat et s’endettant lourdement. Envoyé en prison à cause d’un accident, Russel ne pourra plus veiller sur son petit frère et devra faire face au terrible caïd Harlan DeGroat pour espérer le sauver.

Critique:

C’est avant tout son casting qui m’a décidé à aller voir les brasiers de la colère, un vrai casting de gueules : Christian Bale (« Le prestige », « The dark knight rises » etc), Woody Harrelson (« Zombieland », « Hunger game« , etc), Forest Whitaker (« Ghost dog », « Le Dernier rempart » etc), Willem Dafoe (« Antichrist », « Nymphomaniac – Volume 1 » etc), il n’y a guère que Casey Afflek (« L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », « Gone Baby Gone », etc) qui ne semble pas à sa place, trop lisse pour le rôle. Avec le recul, et sans vouloir cracher sur sa prestation qui reste honorable, je doute encore qu’il fut le meilleur choix pour ce rôle d’homme brisé peu évident. Pour le reste, j’en ai eu pour mon argent, tous sont parfait. Si Woody Harrelson n’est pas aussi présent qu’on pourrait le croire (dieu que cet acteur se fait trop rare au cinéma, pourquoi empile-t-il les seconds rôles alors qu’on voudrait le voir crever l’écran ?) il n’en reste pas moins très marquant dans ce rôle de caïd redneck, mais c’est comme toujours Christian Bale qui tire son épingle du jeu dans le rôle de l’homme modeste acculé par une société qui le dépasse et l’a oublié. Un jeu est subtil et profond qui colle à merveille à ce rôle d’homme ordinaire.
Car avant d’être un thriller ou un vigilant moovie, Les brasiers de la colère est un film de société qui fait

l’état de cette Amérique oubliée, négligée qui survit comme elle peut en défendant les valeurs qui lui reste. Traumatisme post-conflit, chômage, alcoolisme, délocalisation ça pourrait faire cliché empilé comme ça et pourtant c’est raconté avec suffisamment de pudeur pour que ça ne semble jamais trop mélodramatique ou ridicule. C’est cette même distance qui, loin de rendre la violence complaisante, permettra de l’accepter pour ce qu’elle est, une violence inutile conséquence des failles du système.
Si elle n’est pas originale, l’histoire n’en reste pas moins passionnante même si on lui regrettera quelques longueurs.
Pour son deuxième film, Scott Cooper réussit donc un joli coup, confirmant le succès qu’il avait eu avec « Crazy heart » son premier long-métrage.
À noter enfin, une bande son de grande qualité avec plusieurs morceaux de Pearl Jam.
Pour conclure je dirais que ce n’est pas le film de l’année, ni même un film inoubliable, mais c’est un film bien réalisé, très bien joué et qui mérite le coup d’oeil.

Conclusion:
Un drame aux allures de Vigilante moovie plutôt réussi, il a le bon goût de ne pas être complaisant mais pèche un peu par sa longueur.

Note:
Même si sur la forme c’est difficilement comparable, ce film m’a beaucoup rappelé la saison 3 de la série « Justified ». Je me suis donc dit que j’allais vous en toucher un mot car elle est peu connu et vaut pourtant le coup d’oeil. Il s’agit d’une série policière assez classique mais qui se déroule plutôt dans la « campagne » américaine, l’ambiance est donc très différente des séries policières urbaines dont on a l’habitude. La saison 3 se concentre sur les communautés des montagnes qui fonctionnent un peu en autarcie loin de la justice. Outre l’ambiance, l’un des intérêts de Justified réside dans ses personnages tant Raylan Givens, le héros imperturbable incarné par Timothy Olyphant (Deadwood), véritable cowboy du vingt-et-unième siècle que certains « méchants » récurrents comme le fabuleux Boyd Crowder que vous adorerez haïr incarné par le très prometteur Walton Goggins. Bref, je ne saurais que trop vous recommander cette série injustement boudé en France et dont voici un petit aperçu

FX « Justified » Main Titles from Elastic on Vimeo.

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