CAID

Nouvelle série française sur Netflix, la bande annonce était plutôt efficace et j’ai eu envie de voir si ce format original (qu’on retrouvait plutôt sur Blackpill à l’époque) fonctionnait bien. 

Diffusion sur Netflix : mars 2021 

Durée : 10 x 10min 
Genre : Drame, Thriller, Action, Judiciaire
Création : Nicolas Lopez (II), Ange Basterga
Casting : Abdraman Diakité, Mohamed Boudouh, Sébastien Houbani

Nationalité France

Synopsis :

Un réalisateur et son caméraman se rendent en banlieue pour tourner le clip d’un rappeur. L’artiste sort tout juste de prison et les entraine au cœur d’une guerre des gangs.

Critique :

A l’origine CAID était un long-métrage, j’imagine que ne trouvant pas de distributeur il a été redécoupé en épisode de série pour pouvoir intégrer le catalogue Netflix. Vu que l’objectif de la plateforme est de pousser au bingewatching, on se retrouve assez naturellement à regarder ça d’une traitre donc on peut dire que ça fonctionne.

L’élément important de CAID, c’est qu’il s’agit d’une fiction en caméra subjective. l’occasion de ressortir mon article sur les documenteurs car tout reste vrai.

Seule subtilité de la série, pour palier au plus gros handicap du genre (le fait que la barrière d’incrédulité s’effondre fatalement au bout d’un moment car il n’est pas crédible que le caméraman continue de tourner passer un certain point) la série utilise d’autres caméra (comme dans The river) sauf que le procédé est ici utilisé sans grande imagination et parfois de façon incohérente (pourquoi verrait-on au travers des caméras de la police ? ). De plus, malgré tout ces artifices, l’on finit tout de même par avoir la scène de trop où le caméraman film sans que ce soit logique.

Niveau réalisation, fatalement c’est assez pauvre. Si les images sont plutôt jolies, le procédé de camèra

subjective justifie la flemmardise dans la réalisation, il n’y a donc rien de choquant mais ça ne vaut guère mieux qu’un reportage télé.

Niveau rythme, il faut reconnaitre que ça fonctionne bien, l’histoire nous laisse peu de temps de nous ennuyer et hormis un ou deux épisodes plus introspectif c’est plutôt l’action qui prédomine, le côté caméra à l’épaule renforçant cette dynamique un peu factice. Les scènes d’actions facilitent également le sentiment de dynamisme, mais elles ne sont pas très impressionnante notamment à cause du procédé de camèra subjective.

Au niveau de l’histoire, c’est assez classique, mais ça fonctionne, on s’intéresse principalement au Rappeur, un chef de gang fatigué qui aimerait raccroché alors que cela semble impossible mais aussi au Réalisateur un brave type plein de bonnes intentions mais loin d’être tout blanc. Et c’est probablement ce face à face qui fera le sel de la série, une façon de discuter sur le bien et le mal au travers de ces deux personnages qui ne sont pas forcément ce qu’ils ont l’air d’être.

Enfin, je ne connaissais pas les acteurs, ils sont globalement plutôt bon même si le niveau n’est pas toujours égal dans les seconds rôles. Je trouve d’ailleurs Steve plutôt ridicule ce qui m’a rendu la menace bien moins crédible.

Si cette première saison se regarde sans mal, elle n’offre pourtant pas grand chose de neuf. Pour le regarde sur la banlieue je vous renvoi plus volontiers sur Banlieusard par exemple. Pourtant, grace à son rythme soutenu l’ensemble se regarde bien et les pierres posées par cette première saison pourrait donner une excellente deuxième saison.

Un premier essai un peu bancal, en poussant un peu plus leurs idées (notamment les utilisations des gopro qui ne sont ici qu’une excuse scénaristique) les créateurs auraient probablement pu avoir quelque chose de plus exceptionnel mais je reste curieux de voir s’ils peuvent s’améliorer sur une saison 2.

Conclusion :

Une petite série vite regardé et pas mal foutu mais qui ne marquera pas les esprits

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