Mytho-man (the invention of lying)

J’avais envie de faire une pause série pour revoir des films, je cherchais plutôt quelque chose de léger et je suis tombé sur The Invention of Lying, affreusement renommé Mytho-man sur Netflix. J’y ai vu l’occasion de regarder, enfin, une comédie dont j’ai beaucoup entendu parler.

Date de diffusion : 28 avril 2010 

Durée : 1h 40min 
Genre : Comédie, Romance
Réalisation : Ricky Gervais, Matthew Robinson (II)

Casting : Ricky Gervais, Jennifer Garner, Rob Lowe

Synospsis :

Dans un monde ou le mensonge n’existe pas, un homme ordinaire découvre qu’il est capable de dire autre chose que la vérité. Une révélation qui va bouleverser sa vie et le monde qui l’entoure.

Critique :

Alors, The invention of lying est le premier long métrage écrit et réalisé par Ricky Gervais, un comique anglais à qui l’on doit la série cultissime The Office. Les deux fictions partagent un certain état d’esprit, ce sont des satires sociales et une sincère tendresse évite de céder au cynisme malgré la violence sociale de certaines situations. 

Une chose est sûre, ceci n’est pas une comédie américaine. Là où sur le même sujet l’on aurait pu avoir un Jim Carrey surgrimaçant et abusant des autres pour son seul plaisir (Bruce tout puissant) le comique anglais nous livre ici quelque chose de beaucoup plus fin et réfléchi. D’une part, le spectateur sera probablement déboussolé par la mise en place de ce monde sans mensonge. La vérité, et rien que la vérité, tout le monde parle sans filtre mais sans animosité, ce qui n’en donne pas moins des échanges d’une grande violence symbolique. Certes on rira parfois devant le ridicule des situations mais seulement de ce rire peu franc qui nous fait comprendre que nous somme mal à l’aise. L’autre différence face à des blockbuster plus classique, c’est ce héros qui, à l’instar d’un spiderman, réalise très vite que de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités. Loin d’user de ce pouvoir pour son seul amusement, il essaye au contraire dès le début de faire le bien autour de lui (exception faite de la tentative de coucher qui là encore sera évité avec classe).

La grande force de ce film, c’est donc une écriture atypique et plutôt fine au service d’un propos (non,
mentir ce n’est pas forcément mal, on peut le faire pour de bonnes raisons). Pour autant, avec son rythme un peu lent, son humour déstabilisant et son manque d’artifice évident The invention of Lying est un bon film mais pas vraiment une bonne comédie. 

Niveau casting, on retrouvera Ricky Gervais dans le rôle principal, il est d’autant plus à l’aise que le rôle est assez proche de ce qu’il a l’habitude de faire. Il a su s’entourer de quelques têtes connu, à commencer par Jennifer Garner (Alias, Dallas Buyer Club, etc) une actrice à la carrière en dent de scie qui endosse ici un rôle de potiche pas forcément inoubliable (on notera d’ailleurs un certain biais dans l’histoire car s’il serait normal pour la femme qu’elle voit au-delà des apparences, il reste normal pour l’homme qu’il ne s’intéresse qu’a ça) mais aussi Rob Lowe (ma vie avec Liberace, Thank you for smocking, etc) dans un rôle de trouduc d’exception, Jonah Hill (Maniac, War dogs, etc) en paumé, Louis CK (Louie, etc) en super paumé et encore quelques autres comiques aperçu dans des séries (Jeffrey Tambor, Tina Fey, Martin Starr, etc).

Niveau réalisation, rien d’exceptionnel, c’est assez classique et un brin vieillot. Pour tout dire le film

donne l’impression d’avoir été réalisé pour la télé ou dans les années 80 tant il respire le cheap. Rien d’insurmontable mais ça renforce l’aspect globalement déprimant de la narration.

Pour finir, je dois bien reconnaitre que j’ai été plutôt déçu par ce film. Probablement parce que j’en avais entendu parler plus d’une fois mais aussi parce que je suis un grand fan de the Office et surtout parce que l’idée est géniale. C’est un concept simple mais extrémement efficace sur lequel il y avait beaucoup à faire. Ricky Gervais fait d’ailleurs beaucoup en abordant notamment tout ce qui ets de l’ordre du mensonge consenti (la fiction, la religion, les usages du quotidien, etc) mais la trame romantique excessivement classique doublé d’un humour qui ne compense que peu le côté déprimant de l’histoire donne un film entre deux teintes auquel on peut difficilement adhérer pleinement. Sur certains point, l’ambiance pourrait rappeler du Judd Apatow, mais le réalisateur américain réussi à faire passer ses atmosphère lancinante en compensant par un humour pouvoir lourd et l’équilibre rend l’ensemble drôle. Ici Ricky Gervais ne franchit jamais la barrière et l’équilibre rend le film triste.

Je suis content de l’avoir vu mais je sais aussi que je ne le recommanderais pas à tout le monde.

Conclusion :

Un pitch incroyable, quelques bons développement mais un humour qui ne fais pas vraiment mouche. A voir pour l’idée mais pas pour se bidonner.

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