Master of none

Avec l’arrivée dimanche de la saison 3 inespérée, il était plus que temps que je vous parle de Master of None, une comédie made in Netflix.

Sortie : saison 1 : novembre 2015, saison 2 : mai 2017

Durée : 10x 30min par saison

Créé par : Aziz Ansari

Casting : Aziz Ansari, Eric Wareheim, Lena Waithe 
Pays : USA

Synopsis :

La vie de Dev, acteur indien cantonné aux publicités, mais aussi de ses amis et de sa famille : le racisme, le sexisme, les joies, les peines.

Critique :

Cela fait des année que j’entend parler de master of none et, hasard du calendrier, il aura fallut que ce soit l’année ou sort enfin la troisième saison mais aussi l’année ou je regarde enfin Park and Recreation que je me lance dans cette série. C’est une création de Aziz Ansari comique indien révélé par Park and Recreation (dont je vous parle très bientôt). Non content d’écrire et de réaliser, il incarne également le rôle principal (généralement) pour lequel il a reçu un golden globe.

Sur le principe, rien de bien neuf, les mésaventures d’un acteur comme on a déjà pu le voir dans Entourage, Joey, etc. Et pourtant, la série tire son épingle du jeu par une finesse d’écriture rare et une prise à bras le corps des problématiques sociales actuelles. Racisme, féminisme, tout y passe et pas toujours à l’avantage de nos héros. Avec son ton doux amer, la série ne vise pas à stigmatiser des coupables mais prône un vivre ensemble ou l’on doit écouter l’autre et avancer.

Ainsi, Master of none n’est pas une sitcom ou une comédie hilarante qui vous fera pleurer de rire, mais

ça n’en reste pas moins une série éminemment feel good avec de belles histoires d’amours et de fabuleux personnages. Le rythme pourra vous déstabiliser, la série faisant le choix de n’avoir aucune intensité dramatique (il y a des drames mais pas surexploité), pas de cliffhanger, de monté en tension ou autre, les histoires se déroulent toujours en douceur et c’est délicieusement reposant surtout par les temps qui courent

Car oui, la série ne repose pas que sur Aziz Ansari, on pourra citer aussi Shoukath Ansari et Fatima Ansari les vrai parents d’Aziz, hilarant dans le rôle des parents de Dev mais aussi Eric Wareheim touchant en ami excentrique, Noel Wells parfaite en petite amie décalé, Alessandra Mastronardi délicieusement envoutante en meilleure amie et plus si affinité et enfin Lena Waithe tellement cool dans le trop rare rôle de Denise.

Outre la qualité d’écriture de la série, on appréciera son esthétique très soignée mais aussi sa faculté à se réinventer. Les épisodes se suivent sans se ressembler à l’image de court métrage dépeignant le monde à travers l’entourage de Dev. Ainsi, si le premier épisode ne m’avait pas pleinement convaincu, c’est au deuxième que j’ai eu un coup de foudre. On y découvre les parents de Dev et leur histoire, c’est traité avec finesse et sensibilité et ça donne vraiment à réfléchir sur la fracture entre les générations mai aussi entre les sociétés, si vous ne devez voir qu’un épisode, foncez sur celui-ci.

En saison 2, on appréciera les profondes influences du cinéma italien donnant une fois de plus à la série une dimension différente mais aussi le fil rouge romantique et ce fabuleux épisode de thankgiving.

Bref, deux saisons qui se dévorent et qui n’avaient jusqu’ici pour seul défaut que de ne pas avoir de suite, un problème qui sera résolu dès dimanche avec une nouvelle saison cette fois centré sur Denise (Lena Waithe) il semblerait que 2021 ne soit pas si pourri que ça.

Note : difficile de ne pas mentionner que, malgré qu’il soit un champion de la cause féministe, Aziz Ansari a été pris dans un scandale. Nous sommes à mille lieux de Weinstein, je vous rassure, il s’agit plutôt d’un rendez-vous qui a mal tourné, de deux adultes qui ont très mal communiqué (peut-être à cause de l’alcool) et d’un homme encore trop imprégné par ses instincts de prédateur (clairement il a été beaucoup trop insistant). L’histoire permet en tout cas de rappeler que personne n’est parfait, malgré les meilleurs intentions nous pouvons tous nous tromper et il y a encore beaucoup de travail à faire pour assainir les rapports humains.

Conclusion :

Une comédie tendre qui traite avec pertinence de nombreux problèmes de société.

 

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