Au bonheur des ogres

Après plusieurs films un peu sombre, il était temps d’apporter un peu de gaieté dans cette rubrique, Au bonheur des orges me paraissait idéal pour ça.




Date de sortie: 16 octobre 2013

Durée: 1h 32min
Réalisation:Nicolas Bary
Casting: Raphaël Personnaz, Bérénice Bejo, Guillaume De Tonquédec
Genre: Comédie
Nationalité: Français

Synopsis:
Benjamin Malaussène travaille comme bouc émissaire au Bonheur de Paris, un métier qu’il exerce par obligation pour subvenir aux besoins de son étrange famille recomposée. Sa vie, déjà compliquée, va le devenir encore plus lorsque le magasin sera victime d’un attentat. Heureusement pour lui, il pourra compter sur une fougueuse journaliste pour l’aider dans cette sombre histoire.

Critique:

Au bonheur des orges est adapté du cycle Malaussène du romancier Daniel Peynac, une oeuvre réputée qui n’a connue que très peu d’adaptation tant le texte est propre au média écrit. C’est donc un gros paris que relève Nicolas Bary, un challenge qui n’a rien a envier à l’adaptation de « l’écume des jours » par Gondry sauf que Bary est loin d’avoir l’expérience de son confrère. En effet, ce jeune réalisateur n’en est qu’a son deuxième film, le premier étant « les enfants de Timpelbach » un film pour enfant passé relativement inaperçu. Alors, Nicolas Bary a-t-il péché par orgueil et surestimé ses compétences ? Pas forcément. Certes, l’adaptation était difficile, mais le résultat est loin d’être inintéressant. Le réalisateur à su donner une vraie ambiance à son film, un univers rose bonbon tranchant ironiquement avec un monde plutôt sombre.
Si le film est vendu comme une comédie, il s’agit en fait d’un polar humoristique à l’image des aventures des époux Beresford (« Mon petit doigts m’a dit » etc). Et c’est un peu le problème de ce film, l’équilibre entre comédie et polar est plutôt mal pensé si bien qu’on ne sait jamais vraiment trop ce qu’on regarde. Et ce n’est pas là la seule maladresse, car on pourra noter certains dialogues vraiment trop écrit et certaines scènes parfaitement inutiles (la crise du chien notamment qui ne sert qu’a meubler). Le constat peut paraitre terrible dit comme ça, mais le film bénéficie également de gros atouts, à commencer par son casting. Si le rôle ne donne pas particulièrement sa chance à Raphaël Personnaz (« La Princesse de Montpensier », « Anna Karenine »etc) de briller (il n’en reste pas moins touchant dans ses attitudes de Droopy au grand coeur), c’est tout le contraire pour Bérénice Bejo (« OSS117 », « The Artist » etc) plus lumineuse que jamais au point qu’elle en volerait la vedette au héros. C’est une véritable tornade qui nous emporte dans le film et son couple avec Personnaz est des plus attendrissant, c’est probablement même l’histoire la plus intéressante dans le film (alors qu’elle est accessoire). Les seconds rôle ne sont pas en reste puisque c’est toute une galerie de gueule qu’on ne voit pas forcément souvent sur nos écrans et qui apporte un vraie plus à l’univers du film. Je citerais notamment Guillaume De Tonquédec (« Fais pas ci, fais pas ça » etc) en patron dépassé, Emir Kusturica (« L’affaire Farewell’ etc) en vigile mystérieux et le très prometteur Thierry Neuvic en policier dur à cuir.
C’est l’alchimie entre ces acteurs et les situations cocasses qui font que l’on passe tout de même un bon moment à regarder ce film, même si objectivement, il manque d’argent (les premières scènes sont assez fatale à ce niveau) et il est mal équilibré. A noter, la bande son plutôt réussi du film est le fruit du travail de Rolfe Kent, le compositeur de la série Dexter. Bref, un film sympathique, un honnête divertissement qui permet de redécouvrir la folie de Peynac mais un film plutôt moyen.

Conclusion:
Un film qui n’est pas dénué de qualité, à commencer par son casting, mais qui souffre d’un manque de cohérence, la balance entre comédie et thriller est mal équilibrée et les dialogues sont parfois trop écrit. Le manque d’argent se fait également sentir dès que le film veut se faire un peu spectaculaire.

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