Bellflower

Encensé par la critique, considéré comme LE film indé de l’année, je dois reconnaître que Bellflower possède l’une des bande-annonce qui m’a le plus fait bander l’année dernière, il était donc tant que je découvre ce qu’il en était vraiment et que je vous fasse partager ça. Alors, mettez la bande originale à fond (ici sur grooveshark) et en voiture… 

Date de sortie: 
21 mars 2012
Durée: 1h 46 min  
Réalisation: Evan Glodell 
Casting: 
Evan Glodell, Jessie Wiseman, Tyler Dawson 
Genre:  Drame, Romance 
Nationalité: 
Américain

Synopsis: Woodrow et Aiden, deux amis désabusé et sans avenir passent leur temps à boire et à construire un lance-flammes et une voiture de guerre en vue de la fin du monde. Un soir, Woodrow va faire la rencontre de l’inconséquente Milly et sa vie va s’en trouver bouleversé.

Critique:

Premier film d’Evan Glodell (et là je suis vachement tenté d’arrêter là cette critique tellement ça résume tout) Bellflower a les défauts de ses qualités. La première chose qui frappe en voyant la bande annonce, et le film, c’est le travail de l’image (même si les mauvaises langues diront que le réalisateur passe trop de temps sur Instagram…), drapé de l’insouciance du réalisateur débutant Glodell teste, expérimente et fait souvent mouche. L’image est au service de l’histoire, l’on comprend parfois l’état d’esprit des personnages au simple traitement de l’image (comme ça devrait toujours être le cas dans un bon film me direz-vous), sans qu’un mot ne soit prononcé. Pour autant, ces expérimentations ne sont pas toujours aussi heureuse et semblent parfois juste de simples effets de style pour le style. Le film s’en trouve un peu plombé d’autant qu’il ne s’y passe rien. Si Bellflower était un film français, déjà ça s’appellerait « Campanule« (Et honnêtement, qui irait voir un film intitulé de la sorte ?) et ce serait l’histoire d’un RMIste fan de tunning qui vient de se prendre un râteau. Là vous comprendrez l’ampleur du drame, surtout si j’ajoute que le film dure 1h46. Contrairement à ce qu’on essaye de nous faire croire, Bellflower n’est ni un film d’action, ni apocalyptique. C’est uniquement l’histoire d’un grand amour perdu au sein d’une génération foutu (no futur, les personnages n’ont aucun espoir, aucune ambition, ils se contentent de laisser filer les jours et les bouteilles). Si l’histoire est universelle, son traitement la rend beaucoup moins accessible car à trop vouloir montrer l’ennui, on ennuie. Surtout que les promesses ne sont pas tenus, outre la communication, le début du film nous vend également un drame ultra-violent, alors qu’il n’en est rien du tout. Pour autant, j’ai du mal à enfoncer ce film, il comporte de vrai beaux moments et révèle un indubitable talent émergent. Evan Glodell est remarquable dans le rôle principal (en plus d’être réalisateur, monteur et d’avoir vraiment construit le lance flamme du film) et la bande-son est un petit joyaux de nostalgie. Mais Glodell n’est pas Greg Araki, et Bellflower n’égalera jamais un « The doom génération » et surtout pas un « Kaboom », c’est une oeuvre bancale qui peut difficilement plaire en l’état.

Conclusion: Bellflower est a réserver aux aventuriers du cinéma, ceux qui aiment l’expérimentation, la recherche et les films atypiques. Il faut le prendre comme la promesse d’un réalisateur majeur à venir, les essais informels d’un futur grand du cinéma. Le spectateur occasionnel, lui, se demandera surtout pourquoi cette pub pour le parfum dure aussi longtemps et qu’est-ce que « Mad-Max » vient faire la dedans.

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