La crème de la crème

Après cette débauche de film américains, il est temps que je fasse un peu de quota Français, et pour cela autant choisir le haut du panier: la crème de la crème


Titre réaliste: Presque Social Network

Date de sortie: 2 avril 2014
Durée: 1h30min
Réalisation: Kim Chapiron
Casting: Thomas Blumenthal, Alice Isaaz, Jean-Baptiste Lafarge
Genre: Comédie romantique
Nationalité: Français

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs 

SSynopsis:

Dan, Kelliah et Louis sont trois étudiants d’une des meilleures écoles de commerce de France. Pour se distinguer de la masse, il décide d’appliquer les lois du marché aux relations humaines. Un jeu dangereux qui leur permettra de se découvrir.
Critique:
Troisième film de Kim Chapiron après l’approximatif « Sheitan » et le très bon « Dog Pound », « La crème de la crème » s’annonçait comme un thriller aussi musclé que ces précédentes oeuvres. Le pitch était plutôt osé, flirtant doucement avec la corruption des élites et le ton semblait mordant si l’on en jugeait les apparences. Bref, personnellement j’attendais beaucoup de ce nouveau film.
Et le début était plutôt prometteur, acteurs talentueux, bande-son hallucinante oscillant entre des vieux classiques français genre Sardou et des tubes electros genre Justice, c’était drôle, assez subtil, mais malheureusement ça ne correspondait pas du tout à mes attentes. J’oserais même dire que le film manque de maîtrise, voir est un peu mensonger.
En effet, si des sites comme Allocine référence ce film somme étant une « comédie dramatique », il s’agit

bel et bien d’une « comédie romantique » et c’est le problème.

Je vais me permettre pour une fois d’être légèrement plus analytique et de spoiler un peu.
Le film est vendu sur le thème de « la prostitution dans les grandes écoles » et plus globalement sur l’influence de ces grandes écoles. Et c’est effectivement le thème de la majeure partie du film. Sauf qu’à cette intrigue principale s’ajoute une sous-intrigue: une histoire d’amour. Un choix pas complètement dénué d’intérêt puisque l’intrigue principale sur la prostitution permet de parler des relations homme femme. Mais, le problème réside dans l’imbrication de ces deux intrigues. En toute logique on suit majoritairement l’intrigue principale puis seulement au bout d’un moment on s’intéresse à l’intrigue secondaire. Sauf que cette intrigue secondaire prend totalement le pas sur la principale au point que l’intrigue principale ne soit finalement plus qu’un macguffin (un artifice qui justifie l’action des personnages) pour justifier l’histoire d’amour.
En conséquence là où la bande-annonce laisse espérer un thriller, le film est au contraire totalement anti climatique, désamorçant toujours presque instantanément les moindres soucis rencontrés par les protagonistes. La conclusion est également insatisfaisante puisqu’elle ne répond qu’a l’intrigue amoureuse et pas du tout au reste de l’histoire, qui avait pourtant passionné le spectateur jusque-là.
Pour autant, le film n’est pas désastreux, le sujet est vraiment fort, c’est drôle, bien réalisé, mais malheureusement c’est faussement provoc (quasi pas de sexe, pas de violence, etc) et le thème le plus intéressant est négligé. Au lieu d’un thriller de qualité, on se retrouve donc juste avec un teen moovie plus sérieux qu’à l’accoutumé.
Bref, je recommande tout de même, car il y a beaucoup de points positifs, mais je n’en reste pas moins déçu de ce choix d’écriture que je trouve vraiment regrettable.
Conclusion:
La crème de la crème est un film décevant servi par une communication mensongère. Loin du drame un peu lourd que nous vend la bande-annonce, on se retrouve avec une gentille comédie romantique légèrement subversive. C’est certes original, mais tellement décevant quand on voit le potentiel de l’ensemble.

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