Mademoiselle de Joncquiéres

L’événement cinématographique du moment c’est bien évidement ce nouveau film en costume qui permet une nouvelle fois au talentueux Fenriss (Les seigneurs d’outre monde, etc) de faire montre de tout son talent. On se doute tous de la qualité de l’ensemble mais par principe je vais en faire la critique.

Date de sortie 12 septembre 2018
Durée : 1h 49min
Réalisateur : Emmanuel Mouret
Casting : Cécile de France, Edouard Baer, Alice Isaaz, Fenriss
Genres : Drame, Romance
Nationalité : Français

Synopsis :

Retirée de la cour depuis le décès de son époux, Madame de La Pommeraye cède aux avances assidus du marquis des Arcis à la réputation pourtant sulfureuse. Lorsque quelques temps plus tard les sentiments du marquis ne sont plus aussi fort, la jeune femme blessé décide de lui faire payer son inconstance en le faisant languir pour une fille de petite noblesse tombé en déchéance : Mademoiselle de Joncquières.

Critique :

Mademoiselle de Joncquiéres est le dixième film d’Emmanuel Mouret, un réalisateur que je découvre ici pour la première fois. Soyons franc, si je n’avais pas eu l’occasion de faire de la figuration sur ce film, je n’aurais probablement pas eu envie de le voir, la bande annonce n’étant pas vraiment inspirante. (mais reconnaissons le, elle est très représentative du film)
L’histoire se base sur un récit de Diderot qui évoquera beaucoup les liaisons dangereuses de Laclot sur le principe même si l’esprit en est totalement différent. Inutile également de comparer le film avec celui de Stephen Frears le budget et les ambitions n’étant clairement pas les mêmes.
Mademoiselle de Joncquiéres est assez minimaliste, je dirais que 50% du film se constitue de balade dans la forêt entre Cécile de France et Edouard Baer, et que les 30% suivant sont des discussions entre les 2 personnages dans un salon. Il reste donc 20% pour amener un peu de figurant et des scènes plus vivantes ce qui est peu, vous en conviendrez.
Il ne sera donc pas exagéré de dire que le rythme est donc plutôt lent et le film contemplatif. Si on ajoute à ça des dialogues très écrit, au point d’en paraître théâtral, vous comprendrez qu’une bonne partie du public risque de s’étouffer devant le manque de modernité de l’ensemble.
Pourtant, je trouve ces choix intéressants car justement inhabituelle. On prend le temps de s’attarder sur la romance des deux personnages pour bien motiver la vengeance qui suivra mais aussi pour incarner Madame de la Pommeraye, cette femme monolitique et retiré de la vie.
Clairement, le film ne plaira pas à tous car il ne sera pas assez historique pour les amateurs de reconstitutions et au contraire trop historique pour les amateurs de divertissement. Il choisit un entre deux dangereux qui ne parlera qu’aux spectateurs prêt à faire des concessions.
Mais lorsqu’on accepte le film pour ce qu’il est, il révèle une histoire prenante et surtout un casting excellent. Si les dialogues lui font perdre du naturel, Edouard Baer n’en reste pas moins extrémement touchant de simplicité. Il incarne ce libertin à la dérive avec beaucoup de pudeur ce qui le rend vraiment attachant. Cécile de France est également brillante dans ce rôle de femme blessé et résolu. Son petit sourire me hantera pour longtemps. Enfin, si je regrette qu’elle ne prenne pas plus d’importance dans l’histoire Alice Isaaz (Rosalie Blum, La crème de la crème, etc) est toujours aussi saisissante.
Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment. Si j’ia dit beaucoup de mal des dialogues je dois aussi leur concéder d’être parfois redoutablement bien senti et Fenriss, s’il n’en a aucun, crève littéralement l’écran. Pour autant, le réalisateur a fait des choix, peut-être imposé par le budget, qui rendent le film difficilement grand public et c’est dommage car avec une telle histoire l’ensemble aurait pu être bien plus vertigineux et impactant.

Conclusion :

Un film en costume qui pourra rebuter par son classicisme mais qui bénéficie d’une historie efficace et d’un très beau casting, Fenriss crève littéralement l’écran  #objectivité

En bonus, deux photos de la scène où j’apparais (oui, j’arrête de parler de moi à la troisième personne 😀 ) vers la fin du film. 
On doit me voir une petite minute à l’écran, c’est très anecdotique mais c’est toujours marrant.  
Pour la petite histoire, dans la scène, un homme me donne de l’argent. La scène à du être tourné 5 ou 6 fois. Au début l’on nous donnait de vrais pièces, qui faisaient bien illusion. Lors d’une de ses prises, ma pièce m’a échappé des mains et je me suis jeté à terre pour la rattraper comme si ma vie en dépendait. Je trouvais ça assez logique pour « le personnage ». 
Comme le fait de donner physiquement l’argent rendait la scène un peu longue nous avons ensuite tourné plusieurs scènes ou l’acteur faisait seulement semblant de donner l’argent. Du coup, j’étais assez content de voir que c’est la scène où je me jette par terre qui a été gardé. Je la trouve plus vivante même si c’est du détail.

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