Masterclass Haneke

Ce week-end j’ai eu la chance d’assister grâce à UGC à la Masterclass Michael Haneke organisé par le forum des Images. C’était la première fois que je mettais les pieds dans le forum, à ma grande honte puisque celui-ci organise régulièrement des événements cinématographique intéressants. Animé par Pascal Merigeau un journaliste du Nouvel Observateur, la masterclass était entièrement en Français, le réalisateur parlant couramment notre langue. En plus de donner un nouvel éclairage sur sa carrière, Haneke commenta quelques extraits de ses films choisit par le forum, des choix pas forcément pertinent ce qui déstabilisa un peu le réalisateur.
Je ne vais pas vous rapporter ici toute la Masterclass, ce serait trop long et j’en serais bien incapable, mais voici quelques unes des remarques qui m’ont paru les plus intéressantes.

Scénario: 
S’il est surtout connu en tant que réalisateur, Haneke est également le scénariste de tout ses films et il a tenu à mettre en valeur ce poste par rapport à celui de réalisateur. S’il cita avec ironie Billy Wilder « Les trois choses qui font un bon film: Un bon scénario, un bon scénario et un bon scénario » (de tête et sans certitude car je n’ai pas retrouvé la source) il affirma toutefois plus sérieusement que selon lui, avec un bon scénario et un bon casting, il n’y a aucun mérite à être un bon réalisateur. Il ne comprenait pas notamment qu’on mésestime autant les scénariste pour glorifier les réalisateurs (je peux difficilement le contredire ;p)

Son: 
Avec un beau père chef d’orchestre et ayant faillit lui-même devenir musicien, Haneke est très sensible au son et c’est ce qui lui importe en premier lieu chez un acteur. Il expliqua ainsi  préférer ne pas regarder l’acteur jouer dans un premier temps pour pouvoir se concentrer sur sa voix. Pour le réalisateur, plus que l’attitude ou la gestuelle, c’est le parler qui va trahir un mauvais acteur ce qui se ressent notamment au doublage. Ainsi, toujours selon lui, une mauvaise interprétation en voix off choquera plus qu’une mauvaise interprétation en voix In(même si les labiales ne collent pas) car l’attitude va masquer cette mauvaise interprétation sans pour autant la faire disparaître.

Télévision:
Haneke est assez pessimiste concernant la télévision. Si c’est ce média qui lui a permis de se lancer il ne souhaite plus y retourner car il le trouve devenu trop formaté. Selon lui, tout y est fait pour être consommable, un film doit prendre en compte que le spectateur se lèvera pour aller faire la vaisselle ou ses besoins, il faut donc répéter à outrance les informations importantes pour que ce spectateur suive, rendant la subtilité impossible. Sans même parler de la menace du zapping qui force à être toujours intéressant. Ce qui l’inquiète vraiment, c’est que la télévision finance aujourd’hui de plus en plus le cinéma et ce dans le seul but d’avoir des films à diffuser sur leurs chaînes, donc selon leur condition. En bref, il craint que le cinéma ne soit bientôt plus qu’une usine à téléfilm sans envergure.

Funny Games:
Impossible de ne pas parler de Funny Games, film qui hante le réalisateur et le classe comme « ultra violent ». Haneke avoue qu’il n’a réalisé ce film que pour lutter contre la normalisation de la violence à la télévision, malheureusement son film ne toucha pas sa cible: le grand public et Hollywood. C’est la raison qui l’a poussé à accepter de tourner un remake, la possibilité de passer son message au grand public. Il admet pourtant que ce fut un échec, le grand public étant visiblement plus malin qu’il ne le croyait. Il ne garde pas non plus un grand souvenir de son travail aux états-unis, le producteur lui ayant fait croire que les personnes avec qui il voulait travailler étaient toutes prises pour l’obliger à engager des équipes de secondes mains à bas prix. Il garde juste un bon souvenir des équipes de Darius Kondji, hors-de-prix mais extrêmement compétentes.

Tension :
Questionné sur l’importance de la tension dans ses films, Haneke expliqua que la tension est le but de tout réalisateur et que c’est au talent de réussir à la maintenir qu’on reconnaît le bon réalisateur du mauvais. Il expliqua notamment que l’utilisation de la musique n’est souvent qu’une jambe de bois permettant de masquer l’incapacité à maintenir la tension par sa mise en scène, la musique permettant facilement de créer la tension chez le spectateur.

L’ensemble de l’entretien était vraiment intéressant, il fut filmé par le forum vous pourrez donc le retrouver sur le site du forum des images si vous voulez en savoir plus.

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