Rec 3 Genesis: Un mariage, quatre-cent enterrements



Ceux qui ont l’habitude de lire ce blog devaient s’attendre à cette critique, j’ai évoqué les deux premiers opus de la saga à plusieurs reprises, notamment dans mon dossier sur les documenteurs, je ne pouvais donc pas rater la sortie de Rec 3, et c’est parti pour la critique.


REC 3 Genesis – Bande-Annonce VOST (HD) par wildsidecats

Date de sortie: 
4 avril 2012 
Durée: 1h 20min  
Réalisation: 
Paco Plaza 
Casting: 
Leticia Dolera, Diego Martín, Ismael Martínez 
Genre
: Epouvante-horreur, Thriller, Drame 
Nationalité
: Espagnol



Synopsis: C’est le plus beau jour de la vie de Koldo et Clara, toutes leurs familles sont rassemblées pour assister à leur somptueux mariage. Mais le « virus » rôde et ruiner leur projet. Les jeunes mariés réussiront-il à se retrouver et à fuir le chaos ambiant.



Critique:

Si le cinéma espagnol, comme le cinéma européen, a souvent du mal à faire face au tsunami americain, « Rec » et « Rec2 » avaient su s’imposer dans le genre horreur avec un ton particulier, une vision personnelle des mort-vivants (en pleine mode du zombie) et un traitement intelligent du found-foutage (ou documenteur, pour les sagouins qui n’auraient pas encore lu mon premier dossier). Pour ce troisième épisode, l’on retrouve l’un des deux créateurs de la série Paco Plaza, sans son complice Jaume Balagueró (probablement trop occupé à réaliser « Malveillance« ). La série subit également un gros lifting puisque, si les deux premiers épisodes étaient des huis-clos qui se déroulaient dans le même immeuble, on se retrouve ici dans un endroit totalement différent et beaucoup plus ouvert. Une fois de plus, le film a su se renouveler techniquement car, si dans le premier les images provenaient d’un journaliste confirmé, et des caméras tactiques d’une équipe d’intervention dans le deuxième, ici on suit d’abords une caméra amateur avant de prendre un point de vue objectif (comme dans un film plus classique donc) lorsque l’invasion commence. Vient ici l’un des premiers défaut du film, car si les vingt premières minutes ressemblent à s’y méprendre à un film de mariage, il faut reconnaître que c’est aussi chiant à regarder qu’un film de mariage (sauf qu’en plus on ne connaît personne). Une mise en situation un peu longue donc, surtout si l’on compare à la durée du film, ce qui donne une désagréable impression de remplissage. Dommage, car le comparatif cameraman pro et cameraman amateur était intéressant, mais complètement bâclé par la suite surtout au moment le plus important, celui de l’invasion (où l’on ne distingue même plus la différence entre le pro et l’amateur). Du point de vue de l’histoire on est bien au-delà du léger, je ne me suis pas revu les deux premiers pour l’occasion, mais il me semble bien qu’il n’y a aucun lien entre l’épisode trois et les deux autres (à l’exception d’un tout petit clin d’oeil) et le scénario ne développe en rien la mythologie de la saga, on se retrouve avec un banal « vont-ils s’en sortir ? » qui tient vaguement en haleine pendant la durée film mais qui laisse vraiment sur sa faim après coup.

Parmi les nombreux autres problèmes, l’on pourra noter le comportement souvent crétin des personnages (du genre à régulièrement laisser leurs armes derrière eux) et une tension dramatique mal géré (on ne stresse pas et on ne sursaute jamais). En fait, j’en viens à penser que les principaux défauts tiennent à l’absence du deuxième créateur, qui, à en juger sur son dernier film, sait comment gérer l’angoisse et apportait peut-être ce petit plus dans les précédents épisodes. Pour autant, le film n’est pas à jeter aux orties, on rit souvent (on pense un peu à « Braindead » ou « Evil dead » dans le décalage) malheureusement au détriment de l’aspect horrifique. S’il n’y a pas vraiment d’effets spéciaux, les maquillages sont réussi surtout en ce qui concerne le « vrai visage » des créatures. Le casting, bien que composé d’inconnu en France est plutôt efficace. Le couple de marié est vraiment touchant et on espère qu’ils arriveront à s’en sortir. Si elle n’a rien d’original, j’ai également trouvé la fin plutôt plaisante, elle a le mérite de ne pas laisser d’arrière goût décevant contrairement aux autres éléments que j’ai pu pointer.





Conclusion:
Un troisième opus décevant donc, qui a du mal à se positionner et n’apporte rien de plus aux deux premiers films. Impossible de ne pas sentir une volonté de lancer une franchise Rec plutôt que de clore une trilogie en apothéose et c’est bien dommage.

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