The canyons

Parfois, il m’arrive d’essayer des choses. De tenter des films qui ont l’air différent afin d’entretenir ma curiosité cinéphilique (et non pas syphilitique, ça c’est pour mon autre blog). The Canyons s’inscrit totalement dans cette démarche, voyons ensemble si cette noble expérience est à conseiller ou pas.

Date de sortie: 19 mars 2014

Durée: 1h39min
Réalisation: Paul Schrader
Casting: Lindsay Lohan, James Deen, Nolan Gerard Funk
Genre: Thriller
Nationalité: Américain
Interdit aux moins de 12 ans 
Synospis:
Christian et Tara sont un couple libre, mais lorsque Christian, riche producteur à qui tout réussit, réalise que sa femme le trompe avec le jeune acteur qu’elle lui a fait engager, il se montre de plus en plus inquiétant et potentiellement dangereux.
Critique:

« The Canyons » est le dix-huitième film de Paul Schrader, un vieux réalisateur et scénariste de renom qui s’offre ici une nouvelle jeunesse, en s’affranchissant des studios Hollywoodien. Ce nouveau film bénéficie d’un très petit budget (250 000 euros, oui ça semble énorme, mais promis pour un film américain, c’est une paille) dont une partie provient d’un crowdfunding. Le budget était tellement serré que la voiture de Christian est celle de l’acteur James Deen, la maison a été prêtée et les acteurs s’occupaient de leurs propres maquillages. On est très loin du glamour hollywoodien donc, et pourtant cela ne se sent pas à l’image. Pari réussi pour le réalisateur donc.

Niveau scénario Paul Schrader s’est offert les services de l’écrivain Bret Easton Ellis connu pour son

célèbre « American Psycho ». Cette nouvelle histoire ne s’éloigne d’ailleurs pas tellement des thématiques de « American Psycho », à peine y ajoute-t-on la critique du cinéma Hollywoodien. Je dois avouer ne pas avoir grand-chose à dire de l’histoire, c’est assez basique et pas vraiment passionnant. Non pas que ce soit mauvais, mais c’est juste qu’on a déjà l’impression d’avoir vu cette histoire mille fois (notamment dans l’excellent « Mulholland Drive » cité en référence dans le trailer) et que cette nouvelle version n’apporte rien de plus.

Clairement, c’est la mise en image qui apporte de l’intérêt au film. À plusieurs reprises, j’ai pensé à « Wrong cops » on retrouve cette envie d’expérimenter, et ce sentiment de malaise très prenant. Sans révolutionner le cinéma, Schrader prend de nombreux risques de mise en scène pour bousculer le spectateur. Il y a des choses intéressantes et qui font réfléchir, mais comme globalement la réalisation est plutôt plate (Schrader a favorisé de longs plans avec une ambiance documentaire probablement pour renforcer le réalisme et le sentiment de malaise) ces expériences ne sont finalement rien de plus que des expériences. De plus, certains passages ont une mise en scène un peu ridicule comme cette première filature qui en deviendrait presque comique tellement elle n’est pas crédible.

Au niveau du casting, pas grand-chose à dire malheureusement, ce n’est sûrement pas avec ce film que Lindsay Lohan redorera sa carrière. Elle ne joue pas mal, mais le rôle ne lui donne pas vraiment d’occasion de briller. À ses côtés James Deen, ancien acteur porno, n’est pas mauvais non plus, mais n’a pas le charisme suffisant pour donner corps au rôle. Et ce n’est pas le deuxième acteur masculin Nolan Gerard Funk, acteur de série aussi lisse que son rôle le nécessite, qui apportera le charme nécessaire à ce que l’ensemble tienne la route.

Un dernier mot sur la musique, comme pour « Wrong cops » l’on est ici assommé d’éléctro mais sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, la musique n’est pas mauvaise, loin de là, mais trop pompière pour être apprécié.
Je vous l’accorde, il ne semble pas y avoir grand-chose à sauver dans ce film et ce n’est pas totalement

faux. Choisir un acteur porno et une star à la dérive pour représenter la déchéance d’Hollywood, ça a du sens, mais pour autant ce n’est pas intéressant à regarder. Et c’est tout le problème, le film ne manque pas de talent ou d’idées, mais il manque cruellement d’intérêt. Ce n’est pas original, ce n’est pas particulièrement bien fait ou joué, c’est presque trop long (à peine 1h40 pourtant) et ça n’assume même pas ses excès. Malgré son propos, le film est moins violent et porno qu’un épisode de « Game of Thrones », alors oui, on pourra me rétorquer que ça évite d’être complaisant avec le sujet, certes, mais ça n’en donne pas moins un film barbant dont l’engagement est aussi fort et subversif que: « la guerre, c’est mal » ou « la fin dans le monde c’est pas bien » Fallait-il un film pour ça?

Conclusion:
Un film différent et intriguant, mais trop long et vide pour dépasser le rang de curiosité

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