Valerian et la cité des mille planétes

Impossible de passer à côté de Valérian, surtout que je suis un fan de la première heure de la bande dessinée. Voyons donc ensemble si le film est aussi mauvais que le disent les Américains ou aussi génial que le disent les Français.

Date de sortie : 26 juillet 2017
Durée : 2h 18min
Réalisation : Luc Besson
Casting : Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen
Genres : Science fiction, Aventure, Action
Nationalité : Français

Synopsis:

28éme siécle, Valèrian et Laureline sont deux super agents chargés de la sécurité des intérêts Humains dans l’univers. Leur nouvelle mission les amène sur Alpha, une station orbitale en constante évolution ou se regroupent toutes les espèces de l’univers. Au cœur de la station, un mal inconnu semble se propager risquant de condamner toute la station si jamais les deux agents ne résolvent pas le mystère qui entoure cette menace.

Critique:

1997, Luc Besson pillait l’air de rien l’imaginaire de Christin et Mézières pour son film « le 5éme élément ». 20 plus tard, il assume son inspiration en adaptant leur célèbre bande dessinée : « Valèrian et Laureline ». Un monument de la SF qui marqua profondément les esprits des années 70 notamment grâce à son héroïne : forte, intelligente et libre.
Adapter Valérian et Laureline n’était donc pas une mince affaire, les attentes étaient énormes et surtout les besoins étaient considérables. Faire vivre un univers aussi foisonnant que celui de la bd nécessitait un budget titanesque, le genre de financement que nous sommes généralement incapables de débloquer en France. Et il faut reconnaître cela à Besson, lui en est capable. C’est l’un des rares Français à pouvoir rassembler un budget suffisant pour concurrencer les blockbuster américains. Une grande qualité donc, mais qui n’a jamais fait un bon film, j’en prend pour preuve sa filmographie hasardeuse.
Donc, qu’en est-il de ce film ?
Je vais passer rapidement sur l’aspect « adaptation » la vérité c’est que j’ai lu la bande dessiné il y a quelques années et que mes souvenirs ne sont pas assez vif pour faire une varie comparaison. Je sais qu’il a fait des simplifications (normalement Valérian est plus un vieux baroudeur qu’un jeune couillon et il peut voyager dans le temps. Laureline quant à elle est née au 14éme siécle et il l’a sauvé du bûcher) mais j’ai l’impression qu’on respecte l’esprit de la bd. Mon seul regret viendra vraiment du personnage de Valerian dont l’adaptation est totalement ratée, j’y reviendrais d’ailleurs plus tard (#teasing dans ta face).
Si on parlait de l’histoire maintenant. C’était le point fort de la bd, des scénarios profonds et inventifs, des œuvres marquantes. Besson l’a bien compris, c’est pourquoi il fait semblant de livrer une histoire complexe alors que c’est juste brouillon, confus et bête. Comme souvent dans les films de ce genre, je me suis ennuyé tout du long, on passe sans cesse d’une scéne de poursuite à une scéne de dialogue creux pour expliquer aux mal-comprenants ce qu’ils ont raté. Les caméos s’accumulent, tous plus inintéressant les uns que les autres (sauf peut-être Rihanna mais ça s’intègre quand même hyper mal à l’histoire) bref on tente tant bien que mal de justifier le budget.
Et certes, les effets sont impressionnant mais pourtant, ça n’a rien de spectaculaire. Besson fait le choix de garder une esthétique bande dessiné, de ne pas trop faire réaliste, pourquoi pas, mais la conséquence directe c’est que ces grands paysages numériques sonnent complètement faux et ne touche pas la sensibilité du spectateur. J’ai eu nettement plus le vertige dans les décors réels de Crash test Aglaé que dans cette partouze virtuelle qui m’a décollé la rétine. Alors oui, les Na’vi sont très réussi, euh non, les Müls, rien à voir ils ne sont pas bleus, oui ça explose de partout, oui c’est joli mais qu’en est-il de l’émotion ? Elle devait coûter trop cher.
Oui, car il ne faudra pas compter sur les acteurs pour nous procurer des émotions, si  Cara Delevingne (suicide squad, etc) se révèle excellente dans le rôle de Laureline (le film aurait d’ailleurs dû s’appeler Laureline tellement le personnage est plus intéressant que celui du héros) Dane DeHaan (A cure for life, The amazing spiderman, etc) ne va pas du tout dans son rôle. Les scénaristes ont fait une relecture du personnage de Valérian, devenu un jeune obsédé qui ne jure que par la hiérarchie, qui n’a aucun intérêt mais pire dans laquelle l’acteur n’est absolument pas crédible. Impossible de croire qu’avec son physique et son comportement le personnage puisse être à la hauteur de sa légende. Il n’y a qu’a regarder la filmo de l’acteur, il s’est fait connaitre dans des rôles de personnages malsains, il ne peut pas soudainement briller dans celui du héros séducteur. Pire, toujours aussi peu inspiré, Besson nous ressort son couplet sur l’amour mais plus que jamais, le couple ne fonctionne pas. Valérian ne fait que harceler Laureline tout du long, on dirait qu’elle ne cède que par un étrange syndrome de Stockolm.
Bien entendu, on se retrouve avec ce vieux message tout pourri de « elles disent non mais en fait elles pensent oui ». Une bien belle morale qu’on espérait avoir disparu du cinéma depuis des siècles. Et c’est d’autant plus dommage qu’avec un personnage comme Laureline il y avait moyen de faire quelque chose de plus progressiste. Un petit mot sur Clive Owen (Blood ties, Les fils de l’homme, etc) pour en finir sur le casting. Il n’a aucun intérêt. L’acteur n’a aucune latitude pour s’exprimer dans un personnage aussi archétypal que creux, il fait donc ce qu’il peut et s’avère aussi expressif que les robots qui le suivent.
Pas grand chose à dire sur la musique, ça commence avec du Bowie ce qui est toujours une bonne chose et ça se suit avec des créations d’Alexandre Desplat (Tale of tales, Moonrise Kingdom, etc) qu’on a connu plus inspiré.
En conclusion, je dirais que Valérian est un film convenu, creux, daté, mal écrit mais spectaculaire. Il n’a rien a envié à tous les blockbuster américain qui se succèdent sur nos écrans, il n’est pas pire que les gardiens de la galaxie mais plutôt que de prouver qu’on pouvait faire aussi nul qu’Hollywood, j’aurais préféré que Besson prouve qu’on pouvait faire mieux.

Conclusion:

Une fois de plus, Luc Besson prouve qu’il est capable de faire comme les américains. C’est aussi impressionnant que creux. Pas un mauvais film donc mais aussi vite oublié que vu, une attraction de fête foraine.

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