Castlevania

Un ami m’avait chaudement recommandé Castlevania, je n’avais pas encore eu l’occasion de m’y pencher mais j’avoue que le fait que la série soit écrite par Warren Ellis me motivait beaucoup. Maintenant que j’ai pu voir les trois premières saisons voici un petit bilan.

Depuis 2017
Durée d’un épisode : 24min
Saison  1 : 4 épisodes / saison 2 : 8 épisodes / Saison 3 : 10 épisodes
Genre : Aventure, Fantastique, Animation
Réalisation : Warren Ellis (II)
Casting : Richard Armitage, James Callis, Alejandra Reynoso
Nationalité : U.S.A.

Attention : certaines scènes sont très violentes

Synopsis:

L’église ayant fait brûler sa femme sans raisons, Dracula déclare la guerre à l’Humanité. Face à cette menace, Trevor Belmont, le dernier descendant d’une célèbre famille de chasseur de monstres, décide de reprendre le fouet mais il aura besoin d’aide.

Critique :

Petite mise en contexte, Castlevania c’est avant tout une saga de jeux vidéo cultissime qui débuta en 1986 sur Nes. Cette série fait partie des grands classiques de Nintendo à l’instar des Mario, Zelda et autres Mégaman et compte aujourd’hui plus d’une trentaine de jeux toutes plateformes confondus. Ce n’est pas la première fois que Nintendo donne vie à l’un de ses univers sur petit écran et celui, très riche et sombre, de Castlevania s’y prête particulièrement.
Là-dessus, on ajoute Warren Ellis, l’un des grands noms du comics actuels, il fait partie de ces créateurs qui ont révolutionné le média dans les années 90. Il a activement travaillé pour les géants que sont Marvel et DC proposant des sagas de qualité mais l’auteur s’est surtout illustré par des œuvres indépendantes majeures comme :  Transmetropolitan, The Autority ou Planetary.
Bref, c’est un grand monsieur et voir son nom accolé à un projet ne peut que susciter la curiosité.
Face à un pitch des plus banal, on pourra donc se demander quelle plus valu apporte un scénariste comme Ellis et je dirais qu’elle tient en deux points. Premièrement : les personnages et deuxièmement : la vision sur le long terme.
En effet, la série prend vraiment son temps pour développer ses personnages, ainsi la première saison se concentre sur Dracula et permet de comprendre pourquoi il déclare la guerre à l’Humanité. cela permet d’une part de donner plus de profondeur à l’affrontement mais surtout cela permet de développer le principal axe de lecture de la série : La monstruosité. Car c’est un peu tout le propos de l’histoire, qu’est-ce qui fait de nous des monstres ? (spoiler : l’église prend cher).
L’autre point, c’est la vision sur le long terme car très clairement Castlevania est une série qui gagne en qualité avec le temps. La première saison est assez anecdotique, elle permet juste de poser l’histoire et de monter le groupe, elle est intéressante à regarder mais n’a que peu d’intérêt en elle même. Il s’agit vraiment d’une introduction. C’est dans la saison 2 que les choses sérieuses commencent, la série s’intéresse aux généraux de Dracula et on passe autant de temps à découvrir les méchants, leurs personnalités et leurs motivations que les gentils et cela aura une importance majeure dans le développement de l’histoire. Si la saison 1 à une porté locale et la saison 2 une portée nationale, la saison 3 a carrément une portée mondiale, la série prend une ampleur épique que l’on ne lui aurait pas deviné au tout début et cela devient véritablement passionnant. Ce n’est pas Game of Thrones, mais nous n’en sommes pas si loin.
Au niveau de la réalisation, on notera que le graphisme, un peu américanisé, est vraiment superbe. Les designs sont plutôt réussi, il y a de très beaux démons notamment, et dans l’ensemble on en prend plein les yeux. Dans la première saison j’ai pas mal tiqué sur la qualité de l’animation que je trouvais un peu raide, mais il me semble que ça s’améliore au fil des saisons et surtout les affrontements sont magnifiques. Il y a beaucoup d’inventivité dans l’utilisation de la magie ce qui donne des combats passionnants qu’on prend plaisir à regarder.
Au niveau du casting, je ne saurais trop que vous recommander la VO l’accent de Sypha Belnades est hypnotique et la voix grave et profonde de Trévor Belmont sensuelle à souhait, la VF ne retransmet clairement pas toute cette richesse d’interprétation.
Si tout n’est pas parfait, je regrette notamment des discussions un peu longues avec des répétitions pour faire entrer un peu lourdement certaines informations, j’ai tout de même passé un excellent moment devant cette série. Elle n’est pas à mettre devant tous les yeux, il y a un peu de gore dans les massacres de démons et un peu de nu (des fesses et des seins) dans la dernière saison. C’est une série adulte, sombre et épique, exactement ce dont je rêvais pour une license gothique comme Castlevania.

Conclusion :

Si la série peut sembler un peu lente à se mettre en place, elle devient vite épique et passionnante au cours de la saison 2 nous offrant une saga digne du jeu vidéo qui l’a inspiré.

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