Bojack Horseman

Vendredi 31 janvier était enfin diffusé la fin de Bojack Horseman, l’occasion de faire le point sur une série atypique et particulièrement marquante du catalogue Netflix.

Diffusion : 2014 – 2020
6 saisons
Durée : 25min
Genre : Comédie, Drame, Animation
Réalisation : Raphael Bob-Waksberg
Casting Vocal : Will Arnett, Amy Sedaris, Alison Brie
Nationalité : Américaine

Synopsis :

Star du petit écran des années 90, Bojack Horseman est aujourd’hui en bout de course. Alcoolique, déprimé, il espère relancer sa carrière grâce en écrivant sa biographie mais n’y arrive pas malgré tout ses efforts. Son éditeur décide donc de lui proposer un ghostwriter, l’occasion pour l’acteur de réfléchir sur sa vie et de se remettre en question…ou pas.

Critique :

J’ai découvert Bojack Horseman en 2019 peu avant la diffusion de la saison 6. Cela faisait des années qu’un ami m’en parlait et je n’avais pas craqué au vu du retard à rattraper. Pourtant, une fois que j’ai eu accès au catalogue Netflix, la curiosité face à son enthousiasme fut la plus forte. Les premiers épisodes ne m’ont pas forcément convaincu, ce n’était pas très drôle et le personnage principal était assez désagréable. Pourtant, au fil des épisodes je me suis retrouvé littéralement happé par cette série que j’ai dévoré en quelques semaines.
Qu’est-ce que c’est que Bojack Horseman ?
Pas une comédie déjà. Pas un dessin animé pour enfant ensuite. Et surtout pas un divertissement.
Bojack c’est une satyre de notre société. A travers le prisme du showbizz et de ses dérives, les scénaristes dessinent une société malade qui engendre et se nourrit du malheur.
Mais sinon, c’est drôle, parfois.
Et surtout c’est touchant, souvent.
Si le personnage de Bojack est un immonde manipulateur égoïste, c’est surtout un être humain fragile qui ne fait pas souffrir à dessein. Malgré tout son argent, c’est juste un pauvre type malheureux qui fait du mal par faiblesse. Et c’est une des forces de cette série que de réussir à nous attacher à Bojack sans pour autant minorer ses actions
Et Bojack n’est pas le seul personnage auquel on s’attachera car entre Diane, Princesse Caroline, Todd et Mr Peanutbutter, ce ne sont pas les personnages savoureux qui manquent. Tous sont plus complexes que le stéréotype qu’ils ont l’air d’incarner et tous sont émouvants à leur façons.
Pour les incarner on trouve une brochette d’acteur vraiment convaincant à commencer par Will Arnett (Arrested Development, La grande aventure Lego, etc) dont la voix profonde donne vie à Bojack, Alison Brie ( Glow, Community, Mad men, etc) touchante dans le rôle de Diane ou Aaron Paul (El camino/Breaking Bad, etc) hilarant dans le rôle de Todd (qui permet d’aborder des thématiques assez atypique comme l’asexualité)
Niveau technique, rien à redire, les designs sont très réussit, l’animation de qualité et les ambiances soignées. L’utilisation du dessin animé pour cette histoire se justifie dans des épisodes moins réalistes, ou fiction et réalité se mélangent lorsqu’on pénètre l’esprit des personnages, ou dans l’épisode 304 entièrement sous l’eau, illustrant à merveille la dépression du personnage.
La série se termine donc après 6 saisons ce qui est à la fois peu (Les Simpsons en sont à 31 saisons) et beaucoup.
Soyons clair, ce n’est pas trop, la série n’a jamais baissé en qualité et a su tout du long mettre ses éléments en place pour conclure tous ses arcs narratifs de façons satisfaisantes (tous sauf un, un personnage est un peu oublié à la fin et c’est dommage). L’histoire va jusqu’au bout de ses thématiques sans épargner le personnage et en donnant matière à réfléchir sur notre société.
Je ne vous dirais pas si la série fini bien ou pas pour ne pas spoiler mais en tout cas elle reste cohérente avec le reste de la série. Personnellement, il m’aura manqué un petit quelque chose dans le dernier épisode pour vraiment emporter mon adhésion mais au vu de la qualité de tout le reste, je ne peux que vous encourager à vous plonger (oui, c’est un clin d’œil) dans cette série.
Nombreux épisodes vont vous bousculer, certains vous arracheront des larmes, Bojack est une série dont on ne revient pas indemne mais quo vous donnera à réfléchir sur notre société et sur vous même. Une série de référence.

Conclusion :

Une oeuvre magnifique et parfois très dure qui donne à réfléchir sur notre société et sur la complexité de l’être humain.

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