Millenium Actress

Autre découverte que j’ai pu faire lors des Cinglès du cinéma, Millenium Actress, un film du géniallissime Satoshi Kon sortie en 2001 et qui n’avait jusqu’alors pas eu les honneurs d’une sortie salle en France. J’en avais beaucoup entendu parler depuis et c’est avec plaisir que je le découvrais enfin.

Sortie au japon : 2001

Sortie en salle française : 18 décembre 2019
Durée : 1h 27min
Genre : Animation, Drame, Fantastique, Romance
Réalisation : Satoshi Kon
Casting vocal : Miyoko Shôji, Mami Koyama, Fumiko Orikasa
Nationalité : Japonaise

Synopsis :

Deux journalistes, dont un fan, vont interviewer l’une des plus grandes actrices japonaises qui vit recluse depuis 30 ans. Elle accepte de leur raconter sa vie et comment sa rencontre avec un mystérieux dissident politique a guidé sa vie dans l’espoir de le retrouver un jour.

Critique :

Satoshi kon est un réalisateur d’animé japonais malheureusement disparu en 2010. Il est plutôt réputé pour Perfect Blue et Paprika deux long métrage très particulier ou le réel flirte avec l’imaginaire de façon à perdre le spectateur. J’ajouterais également la série Paranoia agent qui développait l’univers du réalisateur sur 13 épisodes particulièrement prenant (et frappadingue). Personnellement j’étais un grand fan de ce réalisateur et je n’avais pourtant pas eu l’occasion de voir Millenium actress qui jouissait pourtant d’une solide réputation, et pour cause.
Avec ce prétexte d’interview, Satoshi Kon nous retrace l’histoire du Japon et nous fait découvrir le destin d’une femme d’exception dans un scénario qui n’a rien à envier à Citizen Kane. 
Le film est un véritable tourbillon où se mêlent souvenirs, films et interview dans une frénésie de péripéties qui emporte tout sur son passage. Non seulement c’est brillant en terme d’écriture, et l’histoire nous tient en haleine grâce à plusieurs « secret » qui permettent de rythmer le film, mais ça l’est tout autant par la réalisation qui rend quelque chose d’ennuyeux (une interview) totalement vertigineux. Le film semble ne durer que quelques minutes tant on est emporté par la vie trépidante de cette actrice et par cette passion qui ne l’a jamais quitté. De plus, s’il est très sérieux et parfois grave, le film sait aussi se montrer très drôle grâce à ses personnages secondaires.
Niveau musique, le réalisateur fait appel à Susumu Hirasawa qu’il retrouvera sur ses œuvres suivantes et qui fait presque partie intégrante de la patte de Satoshi Kon. Comme à chaque fois, il livre une partition épique portée par des voix masculines puissantes, une musique qui renforce la dynamique de l’histoire et cette sensation de course effrénée.
Millenium actress est probablement le film le plus accessible de Satoshi Kon pour autant ça ne veut pas dire que c’est le moins bon. Bien au contraire, il a su mettre toute sa folie au service d’une histoire simple et efficace pour en faire une ode à la passion. Très réaliste et pourtant totalement fantasmé, le film réunit le meilleur des deux mondes en une ode au cinéma assez rare.
On notera également la force du personnage principal, il est suffisamment rare d’avoir un personnage féminin aussi riche pour ne pas le signaler.
Vous l’aurez compris, ce film est à voir et à revoir.
Attention toutefois de ne pas déduire qu’on peut le regarder avec des enfants car c’est un dessins animé. Si rien ne l’empêche (ni sexe, ni violence) son propos et la complexité de la structure risque de perdre les plus jeunes et d’en faire une expérience un peu ennuyeuse.
Une oeuvre grisante.

Conclusion:

Un film brillant, réalisé avec une maestria rare, un hommage vibrant au cinéma et à la vie indubitablement un film à voir.

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