Brand new cherry flavor
officiel
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🤠 À Hollywood, certains volent des chevaux. D’autres volent des films. Et parfois, la victime décide d’appeler le diable pour régler le problème.
🎬 MISSION DU JOUR
Direction Netflix Town avec Brand New Cherry Flavor (8×30-50 min).
Dans le Hollywood des années 90, une jeune réalisatrice voit son premier film lui être volé par un producteur sans scrupule. Prête à tout pour se venger, elle conclut un pacte avec une mystérieuse sorcière.
✔️ CE QUI VAUT LES HONNEURS DU COWBOY
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Une ambiance malsaine qui colle à la peau comme du goudron en plein désert
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Un univers visuel fascinant entre David Lynch et David Cronenberg
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Rosa Salazar, parfaite en héroïne consumée par sa vengeance
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Un fantastique dérangeant qui ose régulièrement sortir des sentiers battus
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Une histoire qui devient de plus en plus étrange à mesure qu’elle avance
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Une mini-série qui raconte son histoire sans chercher à traire la vache pendant 8 saisons
❌ CE QUI VAUT LE GOUDRON ET LES PLUMES
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Certaines influences sont parfois un peu trop visibles
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Le final manque légèrement d’ampleur après une montée en puissance aussi réussie
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Quelques personnages secondaires auraient mérité davantage de temps à l’écran
🔫 VERDICT DU SHÉRIF
Brand New Cherry Flavor est le genre de série que Netflix produit trop rarement.
Un cauchemar hypnotique, dérangeant et délicieusement tordu qui mélange horreur, fantastique et satire d’Hollywood avec une vraie personnalité.
Une œuvre qui ne plaira pas à tout le monde… mais que ceux qui entreront dans son jeu auront bien du mal à oublier.
👉 🤠 Sauvetage de soirée
💬 Tu préfères les séries qui te réconfortent ou celles qui te laissent un sentiment de malaise pendant plusieurs jours ?
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Critique détaillée
C’était la petite surprise de l’été Netflix — une mini-série fantastique teintée d’horreur. Mais que vaut vraiment cette satire d’Hollywood ?
Durée : 8 x entre 30 et 50 min
Genre : drame, horreur, mystère
Réalisateur : Nick Antosca, Lenore Zion
Casting : Rosa Salazar, Catherine Keener, Eric Lange
Nationalités : France
Synopsis:
Au cœur des années 90, à Hollywood, une jeune réalisatrice se fait voler son premier film par un producteur has-been. Incapable de supporter cette trahison, elle est prête à passer un pacte avec le diable pour prendre sa revanche.
Critique :
Brand New Cherry Flavor est la première réalisation de Nick Antosca, scénariste que j’avais découvert sur des séries que j’aime beaucoup : Teen Wolf, Hannibal ou l’excellent Channel Zero. Il est ici accompagné de Lenore Zion, également scénariste, moins connue mais avec de belles références dont Ray Donovan.
L’histoire en elle-même n’a rien d’original : on se retrouve face à une sorte de revenge story, à la différence que l’héroïne n’a pas été victime de violence physique mais dépossédée de son oeuvre. Elle est dès lors prête à tout pour récupérer ce qui lui revient de droit et faire payer celui qui l’a trahie. Rien de révolutionnaire dans ce pitch mais l’originalité s’instille progressivement, par ces non-dits qui s’imposent de plus en plus jusqu’à tout dévorer.
Le fantastique s’incarne dans une mystérieuse sorcière qui propose son aide à Lisa, et qui fera payer ses
services au prix fort. Le surnaturel est très inspiré : on pense à l’onirisme de Lynch dans des séquences évoquant Eraserhead, Twin Peaks ou Lost Highway, mais aussi au côté très organique de Cronenberg, entre La Mouche et eXistenZ, avec notamment une scène de sexe suffisamment perturbante pour rester longtemps en mémoire.
Ces références, et d’autres, construisent un univers visuel riche et envoûtant dans lequel on prend un plaisir coupable à s’intoxiquer. Brand New Cherry Flavor est un lent cauchemar dont on peine à s’extirper à mesure que Lisa s’enfonce dans les conséquences de ses choix.
Côté casting, je suis toujours heureux de retrouver Rosa Salazar (Battle Angel Alita, Le Labyrinthe), ses grands yeux illuminent son visage innocent d’une étincelle de folie parfaite pour le rôle. Face à elle, une belle brochette d’acteurs découverts en série : Eric Lange (Wind River, Cult), idéal en producteur manipulateur, Jeff Ward (Agents of S.H.I.E.L.D., Channel Zero), charismatique en acteur rebelle, et Manny Jacinto (The Good Place, The Good Place, THE GOOD PLACE !) que j’aurais aimé voir davantage dans son rôle de hacker placide.
Il est intéressant de noter qu’au-delà de la thématique féministe évidente : des hommes qui volent le travail des
femmes; la série aborde celle, plus complexe, de l’appropriation culturelle. Ce qui fait la qualité première du travail de l’héroïne tient dans ses origines : on a donc un homme blanc qui veut s’approprier la culture d’une femme racisée pour en tirer profit et réputation. La définition même du concept, illustrée avec une finesse rare.
Moi qui me plains souvent, et beaucoup, de Netflix et de sa tendance à ne produire que du consommable, je dois reconnaître que pour une fois j’ai été agréablement surpris. Il y a une vraie prise de risque dans cette mini-série, l’atmosphère est malsaine, l’histoire perturbante, et si l’on peut critiquer un « recyclage » très assumé des influences, celles-ci sont pertinentes et font corps avec le show.
Le final aurait mérité d’être plus spectaculaire : c’est le seul reproche que je ferai. Mais j’ai dévoré les 8 épisodes et j’en garde des images vraiment saisissantes que je ne suis pas près d’oublier. Et j’insiste sur un point : c’est une mini-série. Auto-conclusive. Il n’y aura pas trente saisons. L’histoire a un début et une fin — et c’est très bien comme ça.
Conclusion:
Une mini-série fantastique sombre qui connaît ses classiques et assume ses influences. Une excellente surprise signée Netflix, ce qui, en soi, mérite d’être souligné.


