Hero corp, c’est pas d’la camelote

Sortez la baguette, le claquos et le calva, cette rubrique sera 100% Française, qu’on se le dise, et c’est suffisamment rare pour être signalé. Alors que la saison 3 est actuellement en cours de tournage, la série dont je vais vous parler a sorti son premier comics il y a un mois, l’occasion de voir si les petits frenchy sont capable de se frotter au jeu des « produits dérivés ».


Présentation:



Hero Corp est une série française constitué pour l’instant de 2 saisons (une troisième est en cours de tournage en ce moment même) lancé en 2008 par Simon Astier et Alban Lenoir. La série est produite par CALT, à qui l’on doit déjà des programmes cultes comme « Caméra Café » ou « Kaamelott » et la chaine Comédie(lancé par Dominique Farrugia, l’ancien NULS). Elle fut d’abords diffusé sur Comédie puis France 4 et enfin Game one. Après deux saisons, la série ne montrant qu’un succès mitigé faillit s’arrêter faute du soutien de la chaîne, mais elle fut sauvé grâce à la motivation de Simon Astier et de l’impressionnante communauté de fans actifs qu’elle a su générer. A ma connaissance, Hero Corp est la seule série produite par la chaîne Comédie, c’était un paris énorme pour celle-ci, d’autant que la série s’attaque à un genre vraiment particulier: les super héros. Simon Astier n’est alors pas encore très connu, si ce n’est pour son petit rôle d’Yvain dans la série de son frére. Pourtant, il est déjà très impliqué (scénariste, acteur, réalisateur) dans une autre série de qualité, qui n’a malheureusement pas marché: « Off prime ». Si la première saison d’Hero corp tient plus de la web série de qualité que de la vraie série (on sent les limites du budgets, la réalisation n’est pas toujours réussi, certains acteurs jouent vraiment mal) elle sait tout de même poser les bases d’un univers et d’une mythologie vraiment prenante grâce à une écriture vraiment efficace. On s’attache à ces personnages de looser et on se laisse charmer par l’humour propre aux Astier. La saison 2 confirma la qualité de la série, l’écriture est encore meilleure et les moyens plus conséquents ce qui permet notamment une plus grande variété de décors bien salutaire. On se retrouve donc devant une excellente série, un véritable ovni du PAF(paysage audiovisuel français) à l’image de son grand frère Kaamelott.

Si la série se concentre sur le trio composé de John (Simon Astier), Klaus (Alban Lenoir) et Doug (Sébastien Lalanne) les principaux auteurs, il s’agit bel et bien d’une série chorale aux nombreux acteurs de talents et aux innombrables guests comiques tel que Alexandre et Lionel Astier, Maurice Lamy, Disiz la Peste, Jonathan Lambert, Pascal Légitimus, Pierre Palmade, Patrick Puydebat et Bérengère Krief. Difficile, voir impossible, de ne pas comparer Simon à Alexandre, d’autant que l’on sent vraiment une patte Astier dans leur façon d’écrire et de jouer, pour autant Simon réussi à trouver son identité et à créer un personnage vraiment touchant. Alban Lenoir est également incroyable dans un personnage qui réussit à être aussi charismatique que crétin. Très inspiré par les comics, la série était habillé de superbes illustrations réalisé par Olivier Peru (Shaman, Zombies, etc) et représentant des comics existant vraiment dans la série(des bds qui relatent les exploits passés de nos héros) c’est donc tout naturellement mais après plus de 2 ans de travail quand même, qu’est sorti le tout premier comics Hero Corp.

Tome 1: Les origines

Scénario : Simon Astier
Dessin : Marco Failla
Couleurs: Olivier Héban
Couverture : Olivier Peru
Editeur : Soleil French Comics
Synopsis:
Montréal, 1985, Ethan Grant, un ancien super héros sème la terreur depuis plusieurs mois sapant la confiance des hommes en leurs héros. L’un d’entre eux, Neil Mac Kormack à une solution, unifier tout les héros sous une seule banniére: Hero Corp.
Sortie en France: 01/2013
prix: 17,95
pages: 96

Critique:

Editions:

La bonne surprise de ce comics vient de son format, un beau format comics rigide tel qu’il est en vogue à l’heure actuelle, là où l’on aurait pu redouter un format bd euro. Si on regrettera l’absence totale de contenu rédactionnel (ça me semblait pourtant un minimum de mettre quelques mots sur la série, mais je dois venir d’une autre planéte) on se réjouira par contre de la qualité des bonus, des pages de tests dessinés par Jean-luc Istin, Stéphane Créty, Julien Hugonnard-Bert et Elodie Jacquemoire, quelques travaux préparatoires d’Olivier Peru et des hommages parfois drôle comme celui de Davy Mourier et parfois superbe comme celui de Stéphane Créty et Julien Hugonnard-Bert. Enfin, l’album se conclut par un mystérieux QR code qui à ce jour ne semble pas offrir de contenu supplémentaire à l’exception d’un curieux message(peut-être faudra-t-il attendre le début de la saison 3). L’édition est donc plutôt réussi, on regrettera juste le prix complètement abusé, presque 18 euros pour 96 pages.

Contenu:

Si l’on regrette de voir qu’Olivier Peru n’est pas aux crayons, la déception s’efface vite devant la beauté du trait de Marco Failla. Le dessinateur, encore méconnu, à déjà travaillé chez Marvel sur « X-campus » et mérite vraiment le coup d’oeil. Composition dynamique, dessin superbe, visage expressif, on lui reprochera juste le manque de clarté dans certaine scènes d’actions. Scénaristiquement, la surprise est également bonne, là où l’on aurait pu craindre une méconnaissance du média, Simon Astier se montre vraiment à l’aise et nous livre un comics d’excellente facture véritable hommage au genre. Tout n’est pas parfait pour autant, plusieurs éléments manque de crédibilité, certains raccords avec la série me semblent très hasardeux mais surtout la tension dramatique est assez mal géré. Le tome aurait mérité le double de page pour travailler une vraie montée dramatique et justifier ce qu’il s’y passe. Là, tel que c’est traité, tout passe trop vite et l’on ne s’implique pas assez émotionnellement dans l’histoire.

Conclusion:
Une excellente surprise qu’on aimerait se voir poursuivre, à l’évidence Simon Astier à mis en place un univers suffisamment riche pour pouvoir supporter une vraie série et son écriture et assez mature pour le permettre. Espérons donc que Soleil lui fera confiance et que ce premier tome ne soit pas un One shot. Espérons toutefois un effort sur le prix car au vu de la concurrence en matière de comics, avec un prix aussi peu compétitif, la série à peu de chance de se vendre en dehors du cercle de fan. Bref, un achat indispensable pour les fans, et conseillé pour les autres.

Comme toujours je vous laisse avec quelques images qui bougent (il s’agit du trailer de la saison 2, ça spoile donc un peu mais rien de dramatique):


Hero Corp saison 2 par Tele-Loisirs

Publications similaires

  • The Wall

    En grand fan de Pink Floyd, je me devais d’aller voir ce remake de The wall. l’adaptation avait l’air très libre mais c’est aussi ce qui pouvait en faire son intérêt. Musique maestro. Date de sortie 7 juin 2017 Durée : 1h 30min Réalisation : Doug Liman Casting : Aaron Taylor-Johnson, John Cena, Laith Nakli…

  • DEEP GAME : le bureau des légendes

    Parfois, il m’arrive de bouger de mon fauteuil pour me confronter au monde réel. l’occasion m’en fut donnée ce week-end pour inaugurer le Deep Game basé sur la série à succès de canal + : Le bureau des légendes. Je ne l’ai jamais vu mais ça ne m’empêchera pas de donner mon avis. Avertissement: j’ai…

  • R

    C’est un peu le hasard qui me poussa à aller visionner R, celui de reconnaitre l’un des acteurs de Borgen dans une bande annonce, allié à la curiosité de découvrir ce qu’il pouvait donner dans un autre rôle. Bonne ou mauvaise idée, c’est ce que nous allons voir. Date de sortie: 15 janvier 2014 Durée:…

  • mardi 1er janvier 2013

    Pour bien commencer l’année je me sentais presqu’obligé d’écrire un post, surtout que je vous ai négligé ce week-end. On peut dire que l’année commence en beauté puisque la soirée est vraiment riche avec quelques très bon films. 23h40 sur France 3 Blade Runner -version inédite Blade Runner (1982) (bande annonce) par Fantastic-Films Genre :…

  • Wrong

    Il n’y aura probablement qu’une critique ciné cette semaine mais je ne me fout pas de vous (enfin si, un peu quand même, mais on fera comme si ce n’était pas le cas) puisqu’il ne s’agit ni plus ni moins de Wrong, un film dont vous avez sûrement tous entendu parler… probablement pas en fait…

  • Retour a Zombieland

    En 2009, un temps où ce blog n’était pas même une idée dans mon crâne de jeune intermittent du spectacle, je découvrais l’excellent Bienvenue à Zombieland, hommage hilarant aux films de zombies dans la lignée de Shaun of the Dead mais sauce barbecue. 10 ans plus tard, zombieland est de retour. Pour le pire ou…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *