Les amants passagers

Soyons clair, Pedro Almodovar fait partie des cinéastes majeurs et lorsqu’il sort un nouveau film ça vaut forcément le coup d’oeil, surtout lorsque la bande annonce est aussi…particuliére.


Date de sortie: 27 mars 2013 
Durée: 1h 30min 
Réalisation:Pedro Almodóvar
Casting:Javier Cámara, Carlos Areces, Raúl Arévalo
Genre: Comédie , Drame
Nationalité: Espagnol

Synopsys:
Suite à un incident lors du décollage, le vol 2549 à direction de mexico se retrouve à tourner en rond au-dessus de l’Espagne dans l’attente qu’on lui prépare une piste d’atterrissage sécurisé car celui-ci ne pourra pas se poser autrement. Face à la mort possible, les langues se délient et les histoires se dénouent.

Critique:

Disons le tout de suite, ce n’est surement pas le meilleur film de Pedro Almodovar. Le réalisateur qui nous a habitué à des drames bouleversants comme « Talons aiguilles » ou « la mauvaise éducation » et avait encore frappé très fort il y a deux ans avec « la piel que habito » nous livre cette fois une comédie légére et sans prétention très proche de la comédie de boulevard(pour tout dire, j’ai carrément pensé à « la cage aux folles« ). Pour autant, ce n’est pas une raison pour bouder son plaisir car un grand réalisateur reste un grand réalisateur même lorsqu’il se fait plus léger.
Pour commencer, j’aimerais dire un petit mot sur le casting, car Almodovar a toujours su bien s’entourer comme il nous le rappelle en ouvrant le film sur Antonio Banderas et Pénélope Cruz(ne vous habituez pas trop, vous ne les verrez plus dans le film après cette scène d’intro) et ce nouveau film ne fait pas exception. S’ils ne sont quasiment pas connu les trois acteurs principaux (Javier Cámara, Carlos Areces,  et Raúl Arévalo dans les rôles des stewards) sont tout simplement fabuleux. Drôles, touchants, ils emportent complètement l’adhésion du public, et nous entraine dans leur monde de légèreté et de simplicité, sans même parler de cette fabuleuse scène dansé qu’on peut voir en partie dans la bande annonce. Certe on pourra critiquer le fait que le trait est grossier et que ces trois homos ont tout de la « folle furieuse » très cliché mais c’est l’ensemble du film qui est grossier, aussi pompier que les couleurs de son générique.
Avec ses personnages déjantés « la sensitive », « la somnambule », « le steward qui ne peut pas mentir » etc,
« Les amants passagers » a tout de la caricature, sous son apparente légèreté et sa bonhomie acidulé on peut deviner la satire

sociale et l’évocation de cette Espagne victime de la crise qui tourne en rond le temps qu’on lui trouve une piste pour éviter le crash (Un climat social également évoqué au travers des personnages impliqués dans la finance et la politique du pays). C’est également une fois de plus l’occasion pour le réalisateur de partager son univers généreux et ouvert, de prôner le droit à l’amour, le droit à la différence et de montrer que la méfiance et le rejet ne sont pas une fatalité.
Pour accompagner le tout,  Almodovar a fait un beau travail sur l’ambiance musicale, outre des choix électrisant comme « i’m so exciting » de The Pointer Sisters ou « The look » de Metronomy, le réalisateur s’est une fois de plus associé avec Alberto Iglesias (« Etreintes brisées », « La Taupe » etc) pour livrer une bien belle partition.
Je peste souvent sur les bande-annonces mais soyez sur que pour une fois celle-ci vous montre exactement ce que vous aurez une comédie légére et déjanté (mais qui sait aussi se montrer dramatique) dans la ligné d’un « priscilla folle du désert ». Vous l’aurez surement compris, s’il n’est pas un chef d’oeuvre, « les amants passagers » à tout de la comédie d’été généreuse et faite avec talent. Je la recommande absolument si vous avez envie de vous changer les idées en cette période de grisaille




Conclusion:
Pas le meilleur film du réalisateur mais une comédie légére et pas vraiment conventionnelle. Un cocktail à consommer sans modération en attendant le retour des beaux jours.

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