Suicide Squad

Vous connaissez ma passion pour le comics mais ignorez peut-être mon amour pour Harley Quinn, impossible pour moi de ne pas aller voir suicide squad, surtout que le personnage a énormément été mis en avant durant la promo. Promo survitaminé d’ailleurs, comme pour tout les blockbusters de ces dernières années, est-ce une fois de plus pour pallier les défauts d’un film finit avec les pieds ? C’est ce que nous allons voir.

Date de sortie : 3 août 2016

Durée: 2h 10min
Réalisation : David Ayer
Casting : Will Smith, Jared Leto, Margot Robbie
Genres : Action, Fantastique
Nationalité : Américain


Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs


Synopsis:
Face à l’apparition de métahumains surpuissants, le gouvernement décide de s’adapter en montant une unité de criminels dangereux mais sacrifiables.

Critique:

Suicide squad, c’est le dernier né de la collaboration entre les studios Warner et l’éditeur DC. Une relation tumultueuse voir désastreuse puisque, s’il on exclut la trilogie Batman de Christopher Nolan et le Watchmen de Zack Snyder, on se retrouve avec une longue liste de navets, de désastres critique et d’échecs économique: Catwoman Constantine, superman returns, the losers, Jonah hex, Green lantern, Man of steel, Batman Vs Superman. Si leurs films se sont à mes yeux grandement améliorés depuis Man of steel, leurs licenses continuent de subir un bachage systématique de la critique, contrairement aux franchises Marvel qui pourtant mériteraient parfois tout autant de se faire descendre(je ne me remet toujours pas du dernier X-men pour ma part). La seule explication que j’entrevois c’est que les films DC s’inscrivent dans des ambiances plus sombres et adultes qui ne permettent pas de faire passer les défauts du film, contrairement à l’univers colorés et grand public des films Marvels. mais ça reste manque de recul face au produit final.
Suicide Squad apparaissait donc comme le Joker (ah ah, humour) de Warner vu que le film promettait un divertissement adulte. Les attentes étaient énormes vu le potentiel du projet mais les coulisses étaient très inquiétantes. Si d’un côté le succés de Deadpool au box office se voulait rassurant sur la possibilité de cartonner avec un « méchant » et un humour adulte, de l’autre l’échec critique de Batman Vs Superman a forcé le réalisateur à faire des concessions et à tourner de nouvelles scènes pour offrir au studio le film qu’il voulait.
On ne va pas se mentir, lorsqu’un film n’est réalisé que dans le but de satisfaire tout le monde, ça ne

satisfait personne. C’est un peu la base de la création, un artiste doit avant tout travailler pour lui et seulement s’il est convaincu de son travail, il réussira à convaincre les autres.
Ici, les rajouts du studio sont flagrants et n’apportent rien à part du tape à l’oeil et de l’humour douteux.
Parlons du film en lui même. Son point fort réside dans ses personnages, enfin surtout un: Harley Quinn. Margot Robbie (le loup de wall street, etc) est parfaite, sans elle il n’y a tout simplement pas de film. C’est un personnage riche et complexe dont la relation avec le Joker (qui est tout aussi fabuleux, bravo à Jared Leto ( Dallas buyer club, etc) d’avoir réussi à reprendre un flambeau lourd à porter) émaille le film. A ses côtés, on retrouve un Deadshot très central qui sert de liant. Un personnage de « faux » méchant plutôt bien porté par un Will Smith qui fait du Will Smith. Il n’et pas mauvais, juste pas original. On notera aussi le personnage de l’enchantress joué par Cara Delevingne qui est plutôt réussi et celui de Amanda Walher qui est juste parfait. En dehors de ça, les personnages sont creux, stéréotypé voir carrément inutile. C’est LE plus gros défaut du film. Il a été conçu comme un actionner des années 80. Le genre de film où on constitue une équipe qui va se faire décimer tout le long du film jusqu’à un final apocalyptique où il ne restera qu’un ou deux personnages (les plus développé). Ici, c’est la même chose, sauf que comme il y a beaucoup d’argent en jeux et qu’on veut réutiliser les personnages par la suite, et bien on ne les tue pas ou alors très peu. Ce qui donne un film plus long, mou et creux qu’il ne devrait là où on aurait pu avoir un pur moment de folie jubilatoire à l’image de Harley et mr J.

Petit mot sur la promo et l’adaptation, Suicide Squad était censé nous offrir un film de méchant mais comme c’était déja le cas avec deadpool c’est un vaste attrape couillon. Les personnages ne sont pas plus méchant que Lorenzo Lamas (le rebelle, paye ta culture) et on se retrouve juste avec un film de super héros classique, le ridicule en plus puisque les motivations des personnages en deviennent peu crédibles.
En dehors de ça, le scénario n’est pas l’un des plus débiles que j’ai pu voir sur de l’adaptation de comics. c’est bourré d’erreurs, certes, mais c’est compréhensible, logique et pas faussement compliqué. Disons que le film assume sa simplicité.
Niveau réal, rien d’extraordinaire, c’est basique même s’il y a quelques belles images comme on peut le voir dans la bande annonce. L’action a le mérite d’être compréhensible (ce qui est devenu rare si j’en juge mes dernières critiques).
Niveau bande son, c’est du grand n’importe quoi. Probablement grâce aux retake. Le film commence avec un empilement de vieux standards ultra efficace (house of rising sun, welcome to the jungle, slim shaddy, etc) utilisé de façon tellement systématique et ostentatoire pendant 20 min que ça en devient insupportable. Toute la partie préparatoire du film, environ 30min, n’est rien qu’un gros clip tape à l’oeil et vulgaire. D’autant qu’une fois que le film commence vraiment (une fois qu’on voit ce que le réalisateur voulait vraiment faire, donc) la musique devient beaucoup plus classique et donc plus immersive.

Pour finir, je dirais que Suicide Squad n’est pas le désastre annoncé. Certes ce n’est pas un bon film, et encore moins le divertissement adulte que nous aurions aimé avoir, mais ça ne mérite pas le déchaînement de haine systématique qui entoure les films DC/Warner. Ou alors il faudrait le faire pour tout les blockbusters de ces dernières années qui ne valent clairement pas mieux. Suicide squad, c’est du film fastfood, une bonne idée dénaturé par l’industrialisation jusqu’à offrir un plat suffisamment neutre pour qu’il nourrisse et satisfasse vaguement. On retiendra Harley et le Joker (qu’on voit tout de même trop peu), on espérera même les revoir dans leur propre film tout en priant pour qu’un miracle permette à ce film d’échapper au marasme de la production de blockbuster.

Conclusion:
Moins catastrophique que ce que tout les médias veulent bien dire, ce film n’en reste pas moins bancale et dispensable malgré quelques bonnes idées et Harley Quinn. On regrettera que l’ensemble manque de couilles et de mauvais esprit alors que c’était justement ce qu’on venait chercher

NB: Suicide squad apporte enfin certaines réponse concernant Batman VS Superman, notamment sur la passionnante théorie disant que le Joker serait Robin. Et, ce n’est clairement pas le cas, ce qui ne fait qu’enfoncer un clou supplémentaire dans le cercueil de Batman V Superman et la caractérisation de Batman. Rien ne justifie finalement qu’il soit devenu un sociopathe.

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